L’action Boeing a chuté de près de 8 % jeudi en préouverture de la Bourse de New York, dans la foulée du dramatique crash d’un Boeing 787-8 Dreamliner opéré par Air India, survenu peu après son décollage d’Ahmedabad, dans l’ouest de l’Inde. L’avion, à destination de Londres-Gatwick, transportait 242 personnes. Le ministère indien de la Santé a confirmé que de nombreuses victimes sont à déplorer.
Le crash, survenu dans une zone résidentielle proche de l’aéroport, soulève de vives inquiétudes autour du modèle 787-8, l’un des fleurons de Boeing et jusqu’ici épargné par les accidents mortels. L’avionneur américain a déclaré dans un communiqué avoir été informé des faits et travaille actuellement à recueillir davantage d’informations sur les circonstances du drame. Les causes exactes de l’accident restent pour l’instant inconnues.
Flightradar24, site spécialisé dans le suivi des vols, a confirmé qu’il s’agissait d’un Dreamliner, un appareil reconnu pour sa technologie avancée, sa faible consommation de carburant et son confort. Cette tragédie marque le tout premier accident mortel impliquant un 787 depuis l’entrée en service de la série en 2011, ternissant un bilan de sécurité jusque-là irréprochable malgré quelques antécédents techniques, notamment des problèmes de batterie en 2013 qui avaient temporairement cloué la flotte au sol sans faire de blessés.
La chute du titre à 197,82 dollars, soit une baisse de 7,5 %, reflète une réaction brutale des marchés. « C’est une réponse instinctive à l’accident, mais elle réactive aussi les doutes persistants sur la sécurité des avions Boeing et sur la gestion interne du groupe ces dernières années », analyse Chris Beauchamp, stratège chez IG Group.
Ce revers intervient à un moment critique pour Boeing, qui s’efforce de restaurer sa crédibilité industrielle sous la direction de son nouveau PDG, Kelly Orthberg. Ce dernier tente de relancer la cadence de production tout en rassurant compagnies aériennes et autorités sur la fiabilité de ses appareils. Le crash du vol Air India pourrait désormais peser lourdement sur ces efforts.