Quand le classicisme rime avec prestige, les enchères s’emballent. Hier jeudi à Paris, chez Christie’s, un exemplaire rarissime des Fables de La Fontaine, relié pour l’impératrice de Russie, a été adjugé à 378 000 euros. Un prix record pour ces quatre volumes édités dans les années 1750, somptueusement illustrés par Jean-Baptiste Oudry et coloriés à la main en 1782. Autant dire que la cigale n’a pas chanté pour rien. Leur destin impérial ? Un passage éclair mais symbolique par Paris en 1782 du tsarévitch Paul Petrovitch, futur Paul Ier, et de son épouse Maria Feodorovna. Cadeau diplomatique ou achat de prestige ? Le mystère reste entier. Mais le prestige, lui, ne fait aucun doute : « Pour ce qui est d’une édition des Fables de La Fontaine, on ne fait pas mieux », a tranché l’un des experts de Christie’s.
Des lettres, des fables, et des fortunes
Ce joyau faisait partie de la bibliothèque de Pierre Brossette, industriel et bibliophile raffiné, dont la vente a totalisé 6,2 millions d’euros. Parmi les autres pépites ? Un exemplaire du Nadja d’André Breton, relié pour René Char, accompagné d’une lettre manuscrite de la véritable Nadja — emporté pour 352 800 euros. Ou encore un Madame Bovary dédicacé par Gustave Flaubert à Alexandre Dumas, cédé pour 214 200 euros. Quand les grands classiques flattent les grandes fortunes, La Fontaine n’a pas fini de rapporter gros.