Après plus de trente ans d’absence, le Festival du livre de Paris retrouve le prestigieux Grand Palais, fraîchement rénové pour les Jeux olympiques. Du 11 au 13 avril, plus de 450 maisons d’édition et un millier d’auteurs et autrices investiront les lieux. Avec le Maroc comme invité d’honneur, cette édition se veut à la fois littéraire et géopolitique, dans un contexte où le marché du livre montre des signes de fragilité.
Une fréquentation en hausse espérée
Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition, organisateur de l’événement, se montre optimiste : les réservations, quatre fois plus nombreuses qu’en 2024 selon ses propos rapportés par l’AFP, témoignent d’un intérêt accru du public. Le retour dans un lieu emblématique comme le Grand Palais, qui n’avait plus accueilli le salon depuis 1993, pourrait permettre de dépasser les 100 000 visiteurs enregistrés les années précédentes au Grand Palais éphémère. Cette année, les scolaires sont attendus dès le vendredi, un atout de plus pour dynamiser la fréquentation.
Dans un contexte économique difficile pour le secteur — baisse de fréquentation en librairie, impact des frais de port sur les ventes en ligne — le Festival fait figure de vitrine essentielle pour l’édition française.
Le Maroc à l’honneur et des débats d’actualité
La programmation se veut aussi engagée. Plusieurs tables rondes aborderont des sujets brûlants, comme la montée des extrêmes ou les enjeux maritimes mondiaux, en lien avec l’Année de la mer. Le choix du Maroc comme pays invité intervient alors que Paris a récemment reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cinquante auteurs et trente-huit maisons d’édition marocaines seront présents, dont les écrivains primés Tahar Ben Jelloun, Leïla Slimani et Abdellah Taïa.
Cette ouverture internationale, que les éditeurs jugent cruciale, s’inscrit dans une stratégie d’exportation accrue, notamment par la vente de droits pour l’adaptation audiovisuelle, devenue un enjeu économique majeur du secteur.