Le Grand Palais a fait le plein. Du vendredi au dimanche, le Festival du livre de Paris a accueilli 121 000 visiteurs, soit la meilleure fréquentation enregistrée depuis le lancement de la nouvelle formule en 2022, contre 114 000 l’an dernier. « Le Festival a été complet pendant trois jours », s’est félicité son directeur général Pierre-Yves Bérenguer auprès de l’AFP, soulignant que la moitié des visiteurs avaient moins de 25 ans, dont 8 000 scolaires, et que les achats d’ouvrages avaient progressé d’environ 30 %. Quelque 450 maisons d’édition et 1 600 auteurs étaient présents, pour environ un millier de séances de dédicaces par jour selon le président du Syndicat national de l’édition Vincent Montagne — « on n’a jamais eu autant de monde », a-t-il confié sur France Inter.
La crise Grasset en toile de fond, Hachette absent
Le festival s’est ouvert dans un contexte tendu pour le monde de l’édition. Le limogeage d’Olivier Nora, PDG de Grasset depuis 26 ans, assumé publiquement dimanche par Vincent Bolloré — qui contrôle Hachette, maison mère de Grasset — a largement agité les discussions entre professionnels présents. La ministre de la Culture Catherine Pégard a pris la parole lors de la soirée d’ouverture, tandis que plusieurs éditeurs, dont Antoine Gallimard et Françoise Nyssen, ont signé une pétition dénonçant « une atteinte à la diversité éditoriale ». Vincent Montagne s’est dit préoccupé par « cette rapidité, cette brutalité » du changement, jugeant qu’elle témoigne « d’une incompréhension » de ce que représente une grande maison littéraire. Grasset, comme la plupart des entités du groupe Hachette, était absente du festival. Pierre-Yves Bérenguer a cependant indiqué que cette crise n’avait « pas eu d’impact » sur la fréquentation de l’événement.
Le livre comme refuge, malgré une pratique en recul
Le paradoxe relevé par Vincent Montagne résume l’enjeu du moment : dans un contexte de désaffection globale pour la lecture, concurrencée par les écrans, le festival continue d’attirer en masse, notamment les jeunes. New romance, mangas et bandes dessinées tirent la fréquentation, mais aussi une soif plus large de rencontres autour du livre. « Il faut que le livre reste un objet que l’on a envie de prendre, une sorte de refuge dans un monde un peu difficile », plaidait Montagne. Le directeur du festival évoque quant à lui un lieu d' »immersion autour du livre augmenté », qui dialogue désormais avec le cinéma, la gastronomie ou la musique. Côté perspectives, un pays européen devrait être l’invité d’honneur de l’édition 2027, avant le Japon en 2028.
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