La liquidation judiciaire de Coop Breizh, décidée mardi 17 juin par le tribunal de commerce de Brest, marque la fin d’un pilier de la diffusion culturelle en Bretagne. Fondée en 1957, la structure assurait la diffusion de livres et disques pour des dizaines d’acteurs locaux. Sa disparition soudaine, sans repreneur, fragilise un écosystème déjà précaire.
Un choc pour les partenaires de longue date
Parmi les éditeurs directement concernés, Groix Éditions diffusion n’a pas tardé à réagir. Son directeur, Yannick Auffray, se dit « profondément surpris » par cette issue. Il rappelle que malgré la mise en redressement de Coop Breizh en 2024, sa maison avait choisi de maintenir sa confiance dans cette collaboration historique. Mais l’absence de repreneur a précipité une fermeture brutale, à quelques semaines d’un été crucial pour les ventes. « De nombreux éditeurs se retrouvent sans solution immédiate pour diffuser leurs ouvrages », alerte-t-il.
Cette fermeture entraîne l’arrêt de l’activité sur les sites de Spézet et de Lorient, et le licenciement de treize salariés. Coop Breizh, qui plaidait depuis des mois pour une reprise, n’a finalement reçu que deux offres jugées insuffisantes par le tribunal. La maison Locus Solus, l’unique candidat restant, a confirmé que son projet ne pouvait aboutir sans partenaires supplémentaires.
Un vide dans le paysage culturel breton
Cette disparition laisse orphelins près de soixante éditeurs régionaux. Coop Breizh jouait un rôle fondamental dans leur visibilité, notamment grâce à un réseau de distribution étendu à près de 2000 points de vente. Dans un communiqué diffusé sur ses réseaux, la coopérative se dit fière d’avoir œuvré pendant 68 ans « au cœur de la culture bretonne », et appelle à la création de nouvelles structures pour prendre le relais.
La situation économique de Coop Breizh s’était fortement dégradée ces dernières années, malgré un chiffre d’affaires en légère progression. Les pertes financières restaient importantes, et l’entreprise évoquait plusieurs facteurs aggravants : baisse du pouvoir d’achat, climat politique anxiogène ou encore météo peu propice au tourisme. Après avoir tenté de se redresser en vendant certains de ses fonds de commerce, la coopérative n’a pu éviter la faillite.
Pour pallier cette rupture, Groix Éditions invite désormais ses lecteurs à commander directement auprès de sa maison. Mais l’ensemble du secteur reste suspendu à l’émergence rapide d’un nouvel outil de diffusion pour préserver la vitalité du livre en Bretagne.