Une opération de police judiciaire est en cours ce lundi à l’Institut du monde arabe à Paris, dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » visant l’ancien ministre de la Culture Jack Lang et sa fille Caroline. Cette perquisition fait suite à la procédure ouverte par le Parquet national financier à la suite de révélations tirées de documents américains connus sous le nom d’« Epstein files ».
L’enquête du PNF a été déclenchée le 6 février dernier afin de déterminer si des liens financiers ou des transactions, notamment via une société « offshore » créée en 2016 entre Caroline Lang et le financier américain condamné et mort en prison en 2019 Jeffrey Epstein, constituent des faits de blanchiment aggravé de fraude fiscale. Les éléments de l’enquête s’appuient sur des documents publiés par plusieurs médias, qui mentionnent les deux Lang dans des opérations économiques avec Epstein.
L’IMA n’a pas fait de déclaration officielle sur la perquisition à ce stade.
Jack Lang contraint de démissionner
Au lendemain de l’ouverture de cette enquête, Jack Lang, 86 ans, a proposé sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe. Cette annonce, faite dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères Jean‑Noël Barrot, a été prise en compte par le gouvernement. Le conseil d’administration de l’IMA est attendu prochainement pour acter ce départ et nommer un président par intérim.
La polémique a éclaté après la publication de nouveaux éléments de l’affaire Epstein, dans lesquels apparaissent des échanges et des liens d’affaires entre Jack Lang, sa fille et Epstein, notamment une société destinée à l’achat et la revente d’œuvres d’art.
Plusieurs responsables politiques, dont l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë ou l’ex‑premier ministre Michel Barnier, ont salué la décision de Lang de se retirer, estimant qu’elle était nécessaire pour préserver la réputation de l’institution culturelle.
Jack Land dit être blanc comme neige
Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Jack Lang a vigoureusement contesté les accusations qui pèsent sur lui. Il a affirmé que « tout est légal » et assuré n’avoir « jamais reçu un centime » de Jeffrey Epstein, tout en ajoutant qu’il avait trouvé « une bonne idée » la proposition d’Epstein de créer un fonds pour acheter des œuvres de jeunes artistes, sans pour autant s’être impliqué dans d’autres aspects du projet. Il a dénoncé une « tempête de boue » faite de « mensonges, de ragots et de colportages » dans les médias.
Jack Lang a également réaffirmé qu’il était « blanc comme neige » face aux accusations, qualifiant l’ouverture de l’enquête de possibilité pour « la vraie justice » de s’emparer du dossier plutôt que de laisser l’affaire dans le débat public ou médiatique.
Alors que l’enquête se poursuit, les autorités judiciaires françaises ont constitué une équipe de magistrats spécialisés pour examiner de manière approfondie les « Epstein files » en lien avec des ressortissants français, afin d’identifier d’éventuels autres chefs de poursuites dans cette affaire qui secoue la vie politique et culturelle française.
À ce stade, aucun placement en garde à vue ni mise en examen n’a été officiellement annoncé par le PNF.