Alors que Jack Lang, ancien ministre de la Culture, est aujourd’hui fragilisé par les retombées de l’affaire Epstein et les révélations successives qui ont conduit à sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe, un épisode peu glorieux de son histoire familiale refait surface. Le drame, qui remonte au début des années 1980, concerne son frère, Charles-Claude Lang, condamné pour meurtre avant de bénéficier d’une grâce présidentielle partielle accordée par François Mitterrand. Le rapprochement entre ces deux périodes alimente une interrogation récurrente dans l’espace médiatique: Jack Lang a-t-il, à plusieurs moments de sa carrière, été protégé par le pouvoir politique
Juin 1981 : un drame familial au tout début du ministère de Jack Lang
Nous sommes au début du premier septennat de François Mitterrand. Jack Lang vient tout juste d’être nommé ministre de la Culture. Il a 42 ans et incarne un renouvellement symbolique dans le paysage culturel et politique français. Quelques jours seulement après sa nomination, un fait divers dramatique touche directement sa famille.
Dans la nuit du 1er au 2 juin 1981, à Nancy, Charles-Claude Lang, frère de Jack Lang, se trouve dans un bar où une altercation éclate. L’homme, père de quatre enfants et impliqué dans une entreprise familiale de récupération de métaux, est en état d’ivresse avancée. La dispute dégénère. Au cours de l’affrontement, Charles-Claude Lang poignarde mortellement un client de l’établissement. Le geste est fatal. Après les faits, il est interpellé puis interné à l’hôpital de Nancy. L’affaire prend immédiatement une dimension sensible en raison de la fonction toute récente de son frère au gouvernement.
Dans les heures qui suivent le drame, Jack Lang présente sa démission à François Mitterrand. Le ministre estime ne pas pouvoir exercer ses responsabilités dans un tel contexte familial et politique. Le président de la République refuse cette démission. Jack Lang reste en fonction.
Une grâce partielle de François Mitterrand qui fait parler
La procédure judiciaire suit son cours. Charles-Claude Lang est jugé et condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour ce meurtre. La décision de justice reconnaît la gravité des faits. Toutefois, quelques années plus tard, en 1985, François Mitterrand accorde une grâce présidentielle partielle au frère de Jack Lang. La peine est ramenée à 10 ans de prison.
Cette mesure, légale dans le cadre des prérogatives du chef de l’État, suscite à l’époque des interrogations et des critiques. Le lien familial avec un ministre en exercice alimente le soupçon d’un traitement de faveur inacceptable, surtout pour la famille de la victime, et nourrit aux yeux du grand public le sentiment d’impunité dont a pu profiter Jack Lang, que beaucoup dénoncent aujourd’hui…