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EXCLU – Accusations de viol au ministère des Armées, la mise au point de Babette de Rozières: «Les Français doivent savoir qui sont les hommes qui nous gouvernent.»

Babette de Rozières, Conseillère régionale Paris Île-de-France, réagit en exclusivité pour Entrevue aux polémiques suscitées par un viol présumé qu’elle a dénoncé, et qui aurait eu lieu au sein du ministère des Armées. Dans une interview qu’elle a donnée à SCROLL TV RADIO, elle avait relaté ce viol présumé sans citer de noms, info reprise ensuite par Le Parisien le 17 février dernier.

Suite à cette publication, l’ancien chef de cabinet du ministre des Armées, aujourd’hui à Matignon, a fait appel à son avocat pour la menacer d’une plainte en diffamation et en dénonciation calomnieuse. Dans sa déclaration faite à Entrevue, Babette de Rozières revient sur les signalements qu’elle a effectués, les enquêtes menées, les pressions exercées et les dysfonctionnements constatés, affirmant sa détermination à défendre sa réputation et à faire toute la lumière sur cette affaire.

Voici la déclaration de Babette de Rozières pour Entrevue :

« Devant l’ampleur des réactions d’indignation qui circulent sur les réseaux sociaux concernant les faits de viol dénoncés par Le Parisien du 17 février 2026, à qui j’ai adressé une demande de droit de réponse, j’estime devoir, dans un souci de transparence, apporter des précisions dans l’espoir de dissiper tous malentendus et toutes interprétations malveillantes.

Les faits graves qui m’ont été rapportés spontanément en octobre 2025 m’ont obligée à faire un signalement au Procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, en lui communiquant les éléments de preuve placés sous scellés et joints à la procédure.

C’est dans le cadre d’une interview sur SCROLL TV RADIO, le 13 février 2026, qu’interrogée sur l’affaire Epstein, j’ai tout naturellement relaté les faits portés à ma connaissance, en prenant la précaution de ne citer aucun nom.

J’apprends, dans un article paru dans Le Parisien du 17 février 2026, que les faits signalés avaient déjà fait l’objet d’un premier signalement concernant les mêmes faits, classé sans suite en juillet 2025.

J’apprends qu’à l’époque, dans le cadre d’une enquête interne diligentée par le ministre des Armées lui-même, celui-ci a estimé devoir « ne pas maintenir à son poste son chef de cabinet le temps de l’enquête et de mettre fin aux fonctions de la victime par arrêté du 22 octobre 2024 avec effet au 28 octobre 2024, laquelle a été exfiltrée dans la foulée, une semaine plus tard, au cabinet de la maire de Paris en charge de la vie économique ».

Depuis la parution de l’article du Parisien et la diffusion de la vidéo sur Facebook, il a été porté à ma connaissance « que des situations de redondance de paiements pour un même objet auraient été relevées dans la comptabilité au ministère des Armées, ce qui semble mettre en évidence des vulnérabilités dans les dispositifs de contrôle interne et qui suscitent des interrogations sur la conformité de ces opérations douteuses… », et je m’interroge.

Tout ceci est de nature à instiller de vives inquiétudes dans mon esprit pour comprendre quelles sont les vraies raisons qui ont conduit le ministre des Armées à instruire lui-même cette affaire classée sans suite.

Je ne m’explique pas comment le chef de cabinet, aujourd’hui à Matignon, dont je n’ai jamais mentionné le nom dans la vidéo incriminée, fait écrire par son avocat Benjamin Gruau au journaliste Karim Sebbouh, qui m’a interviewée, pour le mettre en demeure de retirer le passage vidéo sous menace d’une plainte en diffamation. L’article fait encore mention qu’une plainte pour dénonciation calomnieuse et diffamation aurait été déposée à mon encontre par le chef de cabinet de Matignon. J’en déduis qu’il s’est reconnu lui-même en sortant du bois.

Je ne comprends pas comment le service de communication du Premier ministre ose répondre au journaliste du Parisien, qui le mentionne dans son article, que « j’agis dans une démarche de vengeance personnelle », en faisant référence à la mission qu’il m’avait confiée lorsqu’il était ministre des Outre-mer, alors même qu’il est venu en personne à mon domicile me proposer cette mission, que j’ai menée à son terme en remettant un rapport circonstancié sur la préservation et la promotion des patrimoines culinaires des Outre-Mer.

Vous comprendrez que ce moyen de défense, qui vise à jeter l’opprobre, est indigne et révèle un sentiment de fébrilité, voire de panique, au sein du ministère que je ne peux admettre en ma qualité d’élue.

Tout le monde retient son souffle sur cette affaire qui couve sur les réseaux sociaux et qui s’est répandue comme une traînée de poudre, avec près de 800 000 vues en 3 jours sur mon post Facebook « Panique à Matignon », tout comme la vidéo incriminée en ligne.

La presse écrite et les médias sont en embuscade, pour ne citer que Médiapart qui suit cette affaire depuis le début.

J’ai confié à mon avocat le soin de poursuivre cette affaire sur le plan judiciaire en réponse aux graves accusations qui sont portées à mon encontre.

Je ne lâcherai rien : il y va de ma réputation et de mon honneur, et j’irai jusqu’au bout pour faire éclater la vérité.

Je tenais à donner ces précisions sur cette affaire que l’on veut étouffer, car les Français doivent savoir qui sont les hommes d’État qui se cachent derrière leur masque d’honorabilité et qui nous gouvernent.

Maule, le 3 mars 2026

Babette de Rozières

Conseillère régionale Paris Île-de-France

La lettre d’intimidation envoyée à Babette de Rozières :

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