Labubu : la peluche monstrueuse qui affole les foules et déchaîne les passions
Labubu : la peluche monstrueuse qui affole les foules et déchaîne les passions

Mi-monstre mi-doudou, Labubu n’a rien d’ordinaire. Avec ses grandes oreilles, ses dents acérées et son expression à la fois troublante et attendrissante, cette peluche venue d’Asie est aujourd’hui au cœur d’un phénomène mondial aussi populaire que chaotique. Créée par l’artiste hongkongais Kasing Lung et propulsée par Pop Mart, géant chinois du jouet en édition limitée, Labubu fait tourner les têtes… et parfois dégénérer les files d’attente en véritables émeutes.

Une icône virale née du hasard et d’un redoutable marketing

Labubu voit le jour en 2015 dans un livre illustré, The Monsters, où il n’est encore qu’un personnage secondaire. Mais sa bouille étrange tape dans l’œil de Pop Mart, qui flaire rapidement son potentiel. Dès 2019, la peluche devient une figurine vendue à l’aveugle dans des « blind boxes », où chaque boîte dissimule un modèle au hasard. Le suspense fait partie du jeu.

L’engouement s’accélère en 2023, avec le lancement des porte-clés en peluche. Sur TikTok, les vidéos de déballage deviennent virales. Les stocks fondent en quelques minutes. Alimentée par une stratégie de rareté savamment dosée, la Labubu atteint les podiums : Kim Kardashian, Dua Lipa ou encore Lisa du groupe Blackpink s’affichent avec elle. La peluche se transforme en accessoire de mode, voire en objet de collection de luxe.

Foule, tension et marché noir : quand le phénomène s’emballe

À chaque sortie, c’est la cohue. Devant les boutiques Pop Mart de Paris, Bangkok ou Londres, des fans campent pendant des heures, voire des nuits entières. Des altercations éclatent, les vidéos tournent en boucle sur les réseaux sociaux. Au Royaume-Uni, la situation dégénère : agressions, mouvements de foule… Les magasins suspendent temporairement la vente de Labubu, invoquant des « raisons de sécurité ».

En Chine, les autorités encadrent désormais la commercialisation : interdite aux enfants de moins de 8 ans, autorisation parentale obligatoire jusqu’à 16. Pop Mart, de son côté, promet de revoir son système de distribution.

Le prix initial d’une Labubu tourne autour de 25 euros. Mais les modèles rares, parfois vendus en collaboration avec des franchises populaires, se revendent jusqu’à dix fois plus cher sur les plateformes spécialisées. De quoi attirer les spéculateurs, surnommés « scalpers », et amplifier le chaos.

À la croisée de la pop culture et de l’addiction consumériste, la Labubu incarne l’esthétique du mignon dérangeant. Plus qu’un simple jouet, elle devient le reflet d’une époque, entre désir d’appartenance, effet de rareté et emballement viral.

Partager