Dévoilé lors de l’édition 2025 de la Paris Games Week, Cairn mêle sport extrême et univers graphique singulier. Ce jeu d’escalade imaginé par le studio montpelliérain The Game Bakers puise son identité visuelle dans le trait de Mathieu Bablet, auteur de bandes dessinées à succès. Une collaboration qui illustre la place croissante des bédéastes dans l’industrie vidéoludique.
Un jeu d’ascension réaliste au rendu artistique unique
Prévu début 2026 sur PC et PS5, Cairn propose aux joueurs de gravir une immense montagne, seul et sans assistance. L’héroïne, Aava, progresse lentement, nécessitant une planification minutieuse et une gestion rigoureuse de son énergie. Pour restituer cette expérience au plus proche du réel, les développeurs ont passé près de trois ans à concevoir mécaniques, décors et sensations. Le public de la Paris Games Week peut découvrir une première version jouable sur un stand surmonté d’un mur d’escalade de sept mètres.
Le rendu graphique, très éloigné du photoréalisme, tranche avec les codes habituels grâce à la direction artistique de Mathieu Bablet, connu pour ses albums Shangri-La ou Carbone & Silicium. Son style, entre crayonné numérique et vastes panoramas, structure l’univers de Cairn, conçu comme une “peinture interactive” selon ses propres mots, rapportés par Franceinfo Culture. Le projet, développé depuis 2021 par une vingtaine de personnes, a nécessité environ 5 millions d’euros.
Quand la BD enrichit l’univers vidéoludique
Mathieu Bablet n’est pas le premier auteur de bande dessinée à franchir le pas vers le jeu vidéo, mais sa collaboration avec The Game Bakers confirme une tendance qui s’accentue. Dès la fin des années 1990, Benoît Sokal posait les bases avec L’Amerzone. Depuis, des artistes comme Aleksi Briclot ou Guillaume Singelin ont eux aussi investi ce champ, séduits par sa portée mondiale et ses perspectives économiques plus stables que l’édition papier.
Pour les studios, ce recours à la BD est devenu un levier pour se distinguer sur une scène saturée. “Le style visuel est un enjeu fondamental pour émerger, notamment sur Steam”, rappelle Bablet. Du côté de The Game Bakers, l’objectif est aussi de proposer une alternative esthétique à la surenchère technique. “Le style BD, c’est une manière de rester beau pour toujours”, estime Emeric Thoa, cofondateur du studio, cité par l’AFP. Avec Cairn, l’ambition est claire : atteindre le sommet, en mêlant le geste du grimpeur à celui du dessinateur.