Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation de "Epstein"
Jean-Luc Mélenchon accusé d'antisémitisme après avoir ironisé sur la prononciation de "Epstein"

Une polémique a éclaté après un meeting tenu à Lyon par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales. Lors de cette intervention, il a critiqué le traitement médiatique de certaines affaires, dans un contexte déjà tendu entre son mouvement et la presse depuis le meurtre de Quentin Deranque, étudiant nationaliste tué deux semaines plus tôt dans la capitale des Gaules.

Évoquant l’affaire Jeffrey Epstein, Mélenchon a ironisé sur la prononciation du nom du proxénète pédophile américain : « L’affaire Epstein ? Ah, je voulais dire “Epstine”, pardon ! Cela fait plus russe, alors maintenant vous direz “Einstine” au lieu d’Einstein, “Frankenstine” au lieu de Frankenstein. Voilà, tout le monde comprend comment il faut faire ».

Pour beaucoup, en affirmant que « prononcer Epstine fait plus russe », Mélenchon sous-entend que ceux qui ne prononcent pas « Epstein » le font pour ne pas donner une connotation juive au proxénète. À la suite de ces déclarations, plusieurs personnalités politiques et représentants de la société civile ont estimé que l’ironie de Jean-Luc Mélenchon pouvait être interprétée comme une saillie à caractère antisémite. Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, a ainsi déclaré : « N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, “Epstein” se prononce “Epstine”. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine. Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites. Quelle que soit la prononciation, Mélenchon reste un synonyme de l’indignité politique ».

La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a également dénoncé les propos tenus, affirmant : « Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en trois lettres : L-F-I. Face à LFI, il n’y a qu’une seule attitude possible : le combat. Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites ».

Jean-Luc Mélenchon se défend

Face aux accusations, Jean-Luc Mélenchon a réagi ce vendredi matin, réfutant toute intention antisémite. Il a expliqué : « J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec “Epstine” un nom pour “russifier” le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme. Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». Le leader LFI a ajouté avoir « longuement expliqué » dans son discours pourquoi il estimait nécessaire de « tenir la religion loin de la politique », soulignant que la manière de prononcer ce nom avait déjà fait l’objet de nombreux articles de presse sans susciter de polémique par le passé. Selon lui, « la brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes », accusant ses détracteurs de « susciter délibérément la violence contre LFI ».

Le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, avait également pris la parole pour défendre le leader insoumis. Il a estimé que « les propos sont assez clairs si on n’est pas malhonnête », affirmant que Jean-Luc Mélenchon « ironise sur ceux qui, dans les médias, prononcent son nom “à la russe” pour accréditer l’idée d’une opération russe et détourner l’attention des complicités en France dont a disposé le pédocriminel américain ».

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