Aide à mourir : l’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Falorni en première lecture
Aide à mourir : l’Assemblée nationale adopte la proposition de loi Falorni en première lecture

Un vote historique a eu lieu ce mardi à l’Assemblée nationale. Les députés ont adopté, en première lecture, la proposition de loi visant à créer un droit à l’aide à mourir, un texte défendu par le député Modem Olivier Falorni.

Un texte soutenu mais controversé

Par 305 voix contre 199, la proposition de loi sur l’aide à mourir a franchi la première étape du parcours parlementaire. Le texte prévoit la possibilité pour une personne souffrant d’une maladie grave et incurable, en phase avancée ou terminale, d’accéder à une substance létale, dans des conditions strictes. Pour être éligible, il faudra être majeur, apte à exprimer sa volonté de manière libre et éclairée, et résider de manière stable en France.

Le texte précise également que la souffrance peut être physique ou psychologique, ce qui élargit le champ des pathologies concernées, sans pour autant autoriser l’aide à mourir pour des cas comme les troubles psychiatriques isolés, comme c’est parfois permis dans d’autres pays comme les Pays-Bas ou la Belgique.

Une adoption marquée par des clivages

Si le vote est large, il n’a pas été unanime. Les groupes parlementaires se sont divisés, parfois en leur sein. Plusieurs députés Les Républicains, mais aussi certains socialistes ou membres de Renaissance, ont voté contre, exprimant des craintes éthiques ou philosophiques. À gauche, une partie des élus insistaient pour que le texte aille plus loin, d’autres pour renforcer les garde-fous.

Le député Olivier Falorni a salué une « avancée historique » : « Ce texte, c’est une main tendue vers ceux qui vivent des souffrances insupportables, mais aussi un encadrement rigoureux pour éviter toute dérive », a-t-il déclaré à l’issue du vote.

D’autres voix au sein de la majorité se sont montrées plus réservées. François Bayrou avait exprimé ce matin ses « interrogations » sur BFMTV : « Je ne suis pas certain qu’une société puisse ainsi entériner le droit à donner la mort, même dans un contexte de souffrance. Je me serais abstenu. »

Des associations comme l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) ont applaudi le vote, tout en demandant une application rapide. À l’inverse, la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs a émis de fortes réserves, craignant une banalisation de l’acte létal au détriment des alternatives non létales à la souffrance.

Le texte, désormais transmis au Sénat, devra affronter une majorité de droite et de centre-droit traditionnellement plus conservatrice sur les questions de bioéthique. Catherine Vautrin prévoit une lecture au Sénat à l’automne, pour un retour éventuel à l’Assemblée début 2026. Ce calendrier s’inscrit dans une volonté du gouvernement de faire aboutir une réforme sociétale sensible sans brusquer les équilibres politiques.

Dans le même temps, les députés ont voté à l’unanimité un autre texte porté par Annie Vidal (Renaissance) sur les soins palliatifs, visant à renforcer les structures d’accompagnement, encore trop peu développées en France…

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