Depuis des mois, l’armée ukrainienne mène une défense acharnée autour de Pokrovsk, ville-clé du Donbass, face à une pression militaire russe constante. Grâce à un usage intensif de petits drones explosifs, de champs de mines et de barrières défensives, les troupes ukrainiennes sont parvenues à freiner l’avancée de l’ennemi, malgré l’infériorité numérique.
Mais la situation a évolué. Selon des images géolocalisées par Reuters et diffusées sur des chaînes Telegram ukrainiennes et russes, des soldats russes seraient parvenus à pénétrer dans Pokrovsk pour la première fois la semaine dernière. Cette percée intervient dans le cadre d’une offensive estivale de Moscou, qui cherche à exploiter les points faibles des lignes ukrainiennes.
Depuis l’année dernière, Pokrovsk constitue une cible prioritaire pour le Kremlin. Située au sommet de riches réserves de charbon à coke, la ville servait également de nœud logistique important pour l’armée ukrainienne. Sa perte constituerait un revers stratégique majeur pour Kyiv. Pourtant, les défenses tenaces des forces ukrainiennes ont permis jusqu’ici de contrecarrer les plans russes, au prix d’intenses combats et de lourdes pertes.
La Russie, de son côté, a adapté ses tactiques en intégrant notamment des drones à fibre optique moins vulnérables au brouillage. Mais ces innovations n’ont pas empêché les revers. Des témoignages recueillis par Reuters évoquent des soldats russes mal entraînés, parfois blessés, envoyés au front à Pokrovsk. Des familles de militaires dénoncent des conditions de déploiement précaires et une stratégie reposant sur l’usure humaine.
Aujourd’hui, la ville n’est plus que l’ombre d’elle-même. Gravement endommagée, Pokrovsk a vu fuir la quasi-totalité de ses 60 000 habitants, ne laissant derrière elle que quelques centaines de civils et les vestiges d’un bastion stratégique toujours disputé. Alors que l’armée russe poursuit son avancée, les combats s’annoncent plus intenses que jamais pour le contrôle de ce point névralgique du front oriental.