Washington et Séoul détaillent un vaste accord commercial et stratégique incluant des investissements géants et des sous-marins nucléaires (AP)
Washington et Séoul détaillent un vaste accord commercial et stratégique incluant des investissements géants et des sous-marins nucléaires (AP)

Les États-Unis et la Corée du Sud ont dévoilé vendredi les détails d’un accord commercial et industriel d’une ampleur exceptionnelle, prévoyant un investissement sud-coréen total de 350 milliards de dollars aux États-Unis, dont 150 milliards pour le secteur de la construction navale et 200 milliards pour divers projets industriels. L’annonce intervient deux semaines après la rencontre entre le président américain Donald Trump et le président sud-coréen Lee Jae Myung, qui avaient alors conclu un compromis majeur sur les droits de douane.

Selon Séoul et Washington, cet accord marque la fin de plus de trois mois de négociations tendues autour des surtaxes imposées par Trump, qui ont inquiété les partenaires commerciaux américains du monde entier. La Corée du Sud, particulièrement vulnérable en raison de ses exportations automobiles et de semi-conducteurs, redoutait l’application de tarifs drastiques. En échange des investissements annoncés, les États-Unis ramèneront les droits de douane sur plusieurs produits sud-coréens – notamment les voitures – de 25 % à 15 %, tandis que les puces électroniques produites par Samsung ou SK Hynix bénéficieront de conditions au moins aussi avantageuses que celles accordées à Taïwan.

Le président Lee, en fonction depuis cinq mois, a présenté cet accord comme une victoire diplomatique et économique destinée à sortir le pays de la crise politique héritée de l’échec de la loi martiale imposée par son prédécesseur. Il a affirmé qu’il s’agissait d’un partenariat « gagnant-gagnant », reposant sur une compétition saine et une coopération approfondie dans la construction navale, l’intelligence artificielle et l’industrie nucléaire.

La Maison Blanche a confirmé avoir donné son feu vert à la Corée du Sud pour la construction de sous-marins à propulsion nucléaire, un tournant stratégique majeur. Washington travaillera avec Séoul pour identifier les moyens d’approvisionnement en combustible nucléaire et faciliter l’enrichissement civil d’uranium ainsi que le retraitement du combustible usé. Les sous-marins devraient être construits en Corée du Sud, bien que Trump ait suggéré auparavant la possibilité d’un chantier naval coréen à Philadelphie.

Sur le plan financier, Washington a accepté que les 200 milliards de dollars d’investissements sud-coréens en liquidités soient versés par tranches maximales de 20 milliards par an, afin de préserver la stabilité du won. Les deux pays ont convenu que les flux d’investissements ne devront pas perturber les marchés, et qu’un ajustement serait possible si des signes d’instabilité apparaissaient.

Pour les experts, cet accord constitue une avancée majeure mais ne dissipe pas toutes les interrogations. Certains analystes jugent prématuré de déterminer si Séoul a obtenu de meilleures conditions que l’Union européenne ou le Japon dans leurs propres négociations avec Washington. D’autres soulignent que la construction de sous-marins nucléaires ne changera pas fondamentalement l’équilibre militaire régional, mais renforcera nettement la dissuasion sud-coréenne face à la Corée du Nord.

L’accord dévoilé vendredi confirme ainsi une alliance renforcée entre Washington et Séoul, mêlant enjeux commerciaux, industriels et de sécurité, dans un contexte géopolitique où les deux pays cherchent à consolider leur position face aux défis stratégiques de la région indo-pacifique.

Que retenir rapidement ?

Les États-Unis et la Corée du Sud ont dévoilé vendredi les détails d’un accord commercial et industriel d'une ampleur exceptionnelle, prévoyant un investis

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