Zelenskiy dénonce une « nouvelle tromperie » de la Russie qui retarde la paix en refusant de transmettre son mémorandum
Zelenskiy dénonce une « nouvelle tromperie » de la Russie qui retarde la paix en refusant de transmettre son mémorandum

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a accusé jeudi la Russie d’orchestrer une « nouvelle tromperie » diplomatique, en refusant de remettre à Kiev ou à ses partenaires internationaux le mémorandum censé présenter sa proposition de règlement pour mettre fin à la guerre. Cette déclaration intervient à quelques jours d’une éventuelle nouvelle rencontre à Istanbul, que Moscou propose pour le 2 juin, sans qu’un document préparatoire n’ait, à ce jour, été partagé.

« Même le soi-disant mémorandum qu’ils ont promis et apparemment préparé depuis plus d’une semaine n’a toujours pas été vu par personne », a déclaré Zelenskiy dans son allocution vidéo quotidienne. Il affirme que ni l’Ukraine, ni les États-Unis, ni même la Turquie — qui joue le rôle de médiateur — n’ont reçu la moindre version de ce document pourtant présenté par Moscou comme la base d’une reprise des pourparlers.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait pourtant affirmé mercredi que le texte était prêt et que la Russie souhaitait organiser une deuxième session de discussions à Istanbul, après un premier tour le 16 mai dernier. Mais selon Zelenskiy, le Kremlin cherche à « rendre les réunions creuses » et à bloquer tout processus concret, appelant les alliés de l’Ukraine à accroître la pression diplomatique sur Moscou.

Du côté russe, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a assuré que Kiev n’avait donné aucun retour sur sa participation aux discussions, et a qualifié les demandes ukrainiennes de transmission du mémorandum comme « non constructives ». « Il faut soit confirmer sa volonté de poursuivre les négociations, soit faire le contraire », a-t-il déclaré.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui entretient des liens avec les deux capitales, a de son côté affirmé que la proposition russe renouvelait l’espoir d’une issue diplomatique. « La voie vers une résolution passe par davantage de dialogue et de diplomatie », a-t-il rappelé, soulignant l’engagement d’Ankara à faciliter les échanges.

À Washington, la Maison Blanche a fait savoir que le président Donald Trump espérait la tenue de la réunion prévue à Istanbul et encourageait activement les deux camps à s’asseoir à la table des négociations. Toutefois, la confiance s’effrite côté ukrainien. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, a estimé que le silence russe dissimulait sans doute « des ultimatums irréalistes », qui saperaient toute base sérieuse de dialogue.

Alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année, la perspective d’un cessez-le-feu reste incertaine, et les accusations de duplicité réciproques continuent d’empoisonner les efforts de médiation. L’absence de Vladimir Poutine lors du premier tour à Istanbul, qui avait poussé Zelenskiy à ne pas y participer non plus, avait déjà jeté une ombre sur la sincérité des intentions russes. La suite des événements à Istanbul dépendra désormais de la capacité des deux camps à s’engager dans un processus transparent et crédible.

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