Le président chinois Xi Jinping s’apprête à organiser cette semaine le plus grand défilé militaire de l’histoire de la Chine, une démonstration de puissance censée affirmer Pékin comme le gardien d’un ordre international post-américain. L’événement, prévu le 3 septembre à Pékin, marquera le 80e anniversaire de la capitulation du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Plus de vingt dirigeants étrangers sont attendus, dont le président russe Vladimir Poutine et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Cette mise en scène spectaculaire doit souligner l’alignement de plusieurs puissances émergentes ou contestataires autour de la Chine, au moment où l’influence mondiale des États-Unis est fragilisée par la politique étrangère du président Donald Trump, marquée par une réduction de l’aide internationale, un retrait des institutions multilatérales et des conflits commerciaux avec alliés et rivaux.
La parade, dont le coût est estimé à 5 milliards de dollars selon Taipei, s’inscrit également dans ce que les analystes décrivent comme une « guerre de mémoire » menée par Pékin contre les récits occidentaux de la Seconde Guerre mondiale. En plaçant la Chine au centre de la commémoration de la victoire, Xi Jinping cherche à renforcer la légitimité de son pays comme puissance victorieuse et garante de la stabilité mondiale.
Au-delà de l’aspect commémoratif, le défilé vise à impressionner par la puissance militaire chinoise, avec la présentation d’armements de pointe et d’unités d’élite. Pour Pékin, il s’agit d’un message à la fois interne et externe : afficher sa capacité à rivaliser avec Washington tout en consolidant le nationalisme à l’intérieur de ses frontières.
Critiqué par l’opposition taïwanaise, qui y voit une dépense démesurée et un signal de plus en plus agressif dans un contexte régional tendu, l’événement illustre la volonté de Xi Jinping de redéfinir les équilibres géopolitiques. La Chine entend se présenter non seulement comme une grande puissance militaire, mais aussi comme le pilier d’un ordre mondial alternatif centré sur le « Sud global ».