Le président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, a affirmé mardi que le Congrès n’envisageait pas, pour l’instant, d’adopter de nouvelles sanctions contre la Russie. Cette déclaration intervient alors que le président Donald Trump a accordé à Moscou un délai de 50 jours pour mettre un terme à son offensive en Ukraine, avant d’envisager toute mesure punitive supplémentaire.
« Nous parlions de sanctions contre la Russie, mais je pense que nous devons attendre la fin du compte à rebours annoncé par le président », a déclaré Johnson, interrogé à Washington après l’adoption du vaste projet de loi budgétaire et fiscale soutenu par l’administration Trump. Le locataire du Capitole a laissé entendre que des actions pourraient être envisagées ultérieurement, mais a exclu toute initiative législative immédiate.
Le délai imposé par Trump à la Russie — un ultimatum non contraignant du point de vue du droit international — a suscité de nombreuses réactions à travers le spectre politique américain. Certains élus démocrates, mais aussi des républicains modérés, ont critiqué la stratégie présidentielle, estimant qu’elle affaiblit la posture de dissuasion des États-Unis face à l’agression russe. À l’inverse, une frange du Parti républicain soutient la démarche de Trump, arguant qu’elle pourrait ouvrir la voie à une désescalade diplomatique.
Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, les États-Unis ont imposé une série de sanctions économiques et financières majeures visant la Russie, ses banques, ses oligarques et son secteur énergétique. Mais l’administration Trump, de retour au pouvoir en janvier dernier, a adopté une ligne plus prudente vis-à-vis de Moscou, insistant sur l’importance de parvenir à une résolution négociée du conflit.
Cette position a également des répercussions sur l’unité occidentale. Certains alliés européens des États-Unis, notamment les pays baltes et la Pologne, redoutent que cette pause stratégique ne soit perçue par le Kremlin comme un signe de faiblesse, susceptible d’encourager une intensification des opérations militaires russes.
Dans ce contexte tendu, l’attentisme du Congrès américain risque d’attiser davantage les débats sur la politique étrangère de Washington. En attendant l’expiration du délai fixé par le président Trump, aucune évolution concrète de la position législative américaine vis-à-vis de la Russie n’est attendue.