Washington rejette les réformes de l’OMS sur les règles sanitaires mondiales liées aux pandémies
Washington rejette les réformes de l’OMS sur les règles sanitaires mondiales liées aux pandémies

Les États-Unis ont officiellement rejeté les amendements apportés en 2024 au Règlement sanitaire international (RSI) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui visaient à améliorer la coordination mondiale en cas de futures pandémies. Dans un communiqué conjoint diffusé vendredi, le Département d’État et le Département de la Santé et des Services sociaux ont confirmé avoir notifié à l’OMS leur opposition formelle à ces modifications juridiquement contraignantes.

Adoptés l’an dernier par consensus entre les États membres de l’OMS, les amendements introduisaient notamment une nouvelle catégorie d’« urgence pandémique », visant à doter l’organisation d’outils renforcés pour alerter, coordonner et distribuer les ressources sanitaires de manière plus équitable face à des menaces sanitaires mondiales majeures. Mais Washington considère ces mesures comme vagues, trop ambitieuses, et susceptibles de nuire à la réactivité des États.

« Ces amendements, élaborés sans participation publique adéquate, élargissent de manière préoccupante le rôle de l’OMS dans les urgences sanitaires, tout en introduisant des obligations ambiguës autour de la solidarité internationale », indiquent les responsables américains dans leur déclaration, signée par le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr.

Kennedy, figure controversée connue pour ses prises de position critiques sur la vaccination, a également dénoncé l’accord distinct sur la pandémie adopté à Genève en mai dernier, affirmant que l’OMS n’avait pas tiré les leçons du COVID-19. Cet accord, négocié durant trois ans, prévoit notamment que les fabricants de produits de santé réservent 20 % de leurs vaccins, traitements et tests à l’OMS pour les redistribuer en cas de pandémie, notamment vers les pays à faibles revenus.

Les négociateurs américains s’étaient déjà retirés des discussions autour de cet accord plus global, dans la foulée de la décision du président Donald Trump de lancer un processus de retrait formel des États-Unis de l’OMS. En tant que principal bailleur de fonds de l’organisation, ce départ pourrait profondément bouleverser l’équilibre financier et politique de l’agence onusienne.

Les critiques américaines portent aussi sur ce qu’elles considèrent comme une priorisation de considérations politiques, telles que la solidarité internationale ou l’« accès équitable », au détriment, selon elles, de réponses rapides et pragmatiques en cas de crise sanitaire. Rubio et Kennedy affirment que leur position vise à « protéger la souveraineté des États-Unis », bien que les textes de l’OMS précisent que la mise en œuvre des mesures sanitaires reste entièrement du ressort des gouvernements nationaux.

Ce refus marque un nouveau revers pour l’OMS dans sa tentative de tirer les enseignements de la pandémie de COVID-19 et de renforcer la résilience du système sanitaire mondial. Il illustre aussi l’évolution des relations entre les États-Unis et les institutions multilatérales de santé publique, dans un contexte de repli souverainiste affirmé de l’administration Trump.

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