Washington envisage des options militaires contre le Venezuela alors que Trump affirme avoir « pris sa décision »
Washington envisage des options militaires contre le Venezuela alors que Trump affirme avoir « pris sa décision »

L’administration américaine a tenu cette semaine plusieurs réunions de haut niveau à la Maison Blanche pour examiner des scénarios d’opérations militaires au Venezuela, selon plusieurs responsables cités vendredi. Ces discussions interviennent alors que les États-Unis renforcent massivement leur présence militaire dans les Caraïbes, sur fond d’escalade des tensions avec le gouvernement de Nicolás Maduro.

Le président Donald Trump a déjà déployé des avions de combat F-35, des navires de guerre et un sous-marin nucléaire dans la région, après deux mois de frappes meurtrières menées contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue au large du Venezuela. Le groupe aéronaval du porte-avions Gerald Ford a récemment rejoint la zone, apportant plus de 75 aéronefs et quelque 5 000 soldats. Interrogé à bord d’Air Force One, Trump a laissé entendre qu’une décision concernant une éventuelle action contre Caracas pourrait être annoncée prochainement. « J’ai en quelque sorte pris ma décision », a-t-il déclaré, tout en accusant le Venezuela de liens étroits avec les réseaux de trafic de drogue.

Selon quatre responsables américains et une source proche du dossier, trois réunions du Conseil de sécurité intérieure ont eu lieu cette semaine, dont une vendredi. Ces réunions ont rassemblé, entre autres, le vice-président JD Vance, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le conseiller Stephen Miller et le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine. Trump a lui-même assisté à la réunion de jeudi dans la Situation Room, au cours de laquelle plusieurs options lui ont été présentées. Il avait déjà évoqué par le passé la possibilité d’attaques terrestres, tout en affirmant ne pas chercher un changement de régime.

Les frappes contre des navires soupçonnés de transporter de la drogue ont suscité de vives critiques. Le Pentagone a mené au moins 20 opérations aériennes et maritimes dans les Caraïbes et le Pacifique, causant environ 80 morts. Des élus démocrates et des experts juridiques contestent la légalité de ces actions, tandis que certains alliés européens ont exprimé leur inquiétude. Une enquête visuelle de Reuters a par ailleurs montré que l’armée américaine modernisait une ancienne base navale de la guerre froide dans les Caraïbes, laissant penser à des préparatifs pour des opérations prolongées, potentiellement en appui à une intervention au Venezuela.

Face à ces signaux, Caracas prépare sa défense. L’armée vénézuélienne déploie du matériel, notamment des équipements russes anciens, et se dit prête à mener une résistance de type guérilla ou à semer le chaos en cas d’attaque américaine. Washington, de son côté, a intensifié la pression diplomatique : en août, les États-Unis ont doublé la prime pour toute information menant à l’arrestation de Maduro, l’accusant de collusion avec des groupes criminels.

Une intervention militaire reste cependant largement impopulaire auprès de l’opinion américaine. Un sondage Reuters/Ipsos publié vendredi révèle que seuls 35 % des interrogés soutiendraient l’usage de la force pour réduire le flux de drogues sans l’accord du gouvernement vénézuélien. Les tensions avec la Colombie, voisine du Venezuela, se sont également aggravées, Trump qualifiant le président colombien Gustavo Petro de « chef de réseau de trafic de drogue », tandis que Petro a accusé les États-Unis de « meurtre » après les frappes américaines.

Ce climat explosif alimente l’incertitude autour des intentions véritables de Washington, tandis que les discussions internes à la Maison Blanche suggèrent que des décisions pourraient être prises à très court terme.

Que retenir rapidement ?

L’administration américaine a tenu cette semaine plusieurs réunions de haut niveau à la Maison Blanche pour examiner des scénarios d’opérations militaires

Partager