Vente de puces Nvidia à la Chine - un élu américain somme l’administration Trump de s’expliquer (AP)
Vente de puces Nvidia à la Chine - un élu américain somme l’administration Trump de s’expliquer (AP)

Un haut responsable du Congrès américain a demandé des clarifications à l’administration Trump après la décision d’autoriser Nvidia à vendre ses puces H200 à la Chine, marquant un revirement majeur de la politique américaine sur les technologies sensibles. John Moolenaar, président de la commission spéciale bipartite de la Chambre des représentants chargée des questions liées à la Chine, a adressé vendredi une lettre au secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, pour obtenir des explications détaillées.

Cette autorisation, accordée plus tôt dans la semaine par le président Donald Trump, rompt avec la ligne suivie lors de son premier mandat ainsi qu’avec celle de son successeur, Joe Biden. Ces deux administrations avaient imposé de strictes restrictions afin d’empêcher Pékin d’accéder aux puces d’intelligence artificielle les plus avancées produites par des entreprises américaines, au nom de la sécurité nationale.

La puce H200 de Nvidia, bien qu’antérieure aux modèles les plus récents du groupe, reste largement utilisée dans le secteur américain de l’intelligence artificielle. Pour John Moolenaar, ce maintien à un niveau technologique élevé soulève des interrogations sur l’impact potentiel de ces exportations sur les capacités chinoises en matière d’IA, notamment dans des domaines à double usage civil et militaire.

Dans sa démarche, l’élu républicain demande à l’exécutif de préciser les conditions de cette décision, les évaluations de risques réalisées par l’administration et les garanties mises en place pour éviter un transfert de technologies stratégiques. La commission qu’il préside joue un rôle central dans la surveillance des relations économiques et technologiques entre Washington et Pékin.

La décision présidentielle intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les États-Unis et la Chine, où la course à l’intelligence artificielle est devenue un enjeu clé de rivalité stratégique. Les restrictions sur les semi-conducteurs ont été l’un des piliers de la politique américaine visant à freiner l’essor technologique chinois dans des secteurs jugés sensibles.

Ni le département du Commerce ni la Maison-Blanche n’avaient réagi publiquement aux demandes de Moolenaar dans l’immédiat. De son côté, Nvidia n’a pas commenté cette initiative politique, alors que le groupe se retrouve une nouvelle fois au cœur des débats sur l’équilibre entre intérêts commerciaux, compétitivité industrielle et sécurité nationale.

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