Un responsable du Hamas affirme que le mouvement est prêt à discuter d’un gel ou d’un stockage de ses armes (AP)
Un responsable du Hamas affirme que le mouvement est prêt à discuter d’un gel ou d’un stockage de ses armes (AP)

Le Hamas se dit prêt à discuter d’un possible gel, stockage ou non-utilisation de son arsenal dans le cadre du cessez-le-feu avec Israël, a déclaré dimanche un haut responsable du mouvement, ouvrant une piste pour résoudre l’un des points les plus sensibles de l’accord négocié sous l’égide des États-Unis. Bassem Naim, membre du bureau politique du Hamas, a affirmé depuis Doha que le mouvement était disposé à envisager différentes options afin d’éviter toute escalade et d’inscrire le processus dans une perspective politique plus large.

Cette position intervient alors que les parties doivent passer à la deuxième phase du cessez-le-feu, après l’échange de prisonniers et le retour progressif d’otages, à l’exception des restes d’un policier israélien toujours détenus à Gaza. La prochaine étape doit définir l’avenir de la bande de Gaza, incluant la mise en place d’une force internationale, la formation d’un comité technocratique palestinien chargé de l’administration du territoire, le retrait progressif des troupes israéliennes et la question centrale du désarmement du Hamas. Le tout sera supervisé par un comité international dirigé par le président américain Donald Trump.

Pour Israël, le désarmement du Hamas constitue une condition incontournable, mais le mouvement islamiste affirme conserver son “droit à résister”, tout en laissant entendre qu’un processus encadré dans la perspective d’un État palestinien pourrait inclure une mise hors service de ses armes pendant une trêve de longue durée. Naim évoque une période de cinq à dix ans durant laquelle les armes seraient gelées, stockées ou non utilisées, sous garanties palestiniennes. Il n’a toutefois pas précisé si une telle proposition répondrait pleinement aux exigences d’Israël.

Les contours de cette deuxième phase restent flous, malgré l’adoption du plan en 20 points présenté par Washington. De nombreuses questions doivent encore être clarifiées, notamment la composition et les prérogatives de la force internationale. Le Hamas refuse que celle-ci exerce un quelconque contrôle armé à l’intérieur de Gaza, acceptant uniquement une présence aux frontières pour superviser le cessez-le-feu et signaler les violations.

Naim a par ailleurs indiqué que le Hamas et l’Autorité palestinienne avaient avancé dans la désignation du responsable qui dirigera le comité technocratique chargé des affaires courantes à Gaza, identifiant un ministre originaire de Gaza mais résidant en Cisjordanie, sans révéler son nom. D’autres responsables ont évoqué le ministre de la Santé, Majed Abu Ramadan.

La première phase de l’accord reste marquée par de multiples accusations mutuelles. Israël reproche au Hamas de retarder le retour des restes du dernier otage, tandis que les autorités sanitaires de Gaza affirment que plus de 370 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes depuis le début de la trêve. Israël affirme agir en réponse à des violations, notamment la présence de centaines de combattants dans la zone contrôlée par ses forces. Le Hamas soutient de son côté que ces combattants sont isolés et coupés de toute communication, et nie avoir rejeté des solutions proposées pour les faire sortir.

Le Hamas accuse également Israël de ne pas avoir respecté ses engagements humanitaires, dénonçant l’ouverture partielle du point de passage de Rafah et l’insuffisance des livraisons destinées à la population, tandis que les marchandises entrant à Gaza profitent surtout, selon Naim, au commerce privé.

Interrogé sur l’attaque du 7 octobre 2023, Naim a justifié l’offensive, affirmant qu’elle s’inscrivait dans un contexte de décennies de politiques israéliennes à l’égard du peuple palestinien. Il reconnaît le coût humain extrêmement élevé payé par Gaza, mais maintient que pour le mouvement, cette attaque relevait de la défense. Selon les autorités locales, plus de 70 000 Palestiniens auraient été tués depuis le début de la guerre, un chiffre qui ne distingue pas civils et combattants.

Partager