Un juge américain bloque la détention d’un militant britannique anti-désinformation visé par l’administration Trump (AP)
Un juge américain bloque la détention d’un militant britannique anti-désinformation visé par l’administration Trump (AP)

Un juge fédéral américain a accordé une injonction temporaire empêchant les autorités de détenir Imran Ahmed, militant britannique de la lutte contre la désinformation et résident permanent aux États-Unis. La décision intervient après que l’administration du président Donald Trump a imposé des interdictions de visa à Ahmed et à quatre autres ressortissants européens, accusés par Washington de restreindre la liberté d’expression en ligne.

Imran Ahmed, âgé de 47 ans, est le directeur général du Center for Countering Digital Hate, une organisation basée aux États-Unis qui surveille et dénonce la diffusion de contenus haineux et de fausses informations sur les plateformes numériques. Contrairement aux autres personnes visées par les mesures américaines, Ahmed se trouvait déjà sur le sol américain au moment de l’annonce, ce qui faisait craindre une arrestation et une expulsion imminentes.

Selon Reuters, le juge a estimé qu’une détention immédiate pourrait porter atteinte aux droits d’Ahmed avant que la justice ne se prononce sur le fond du dossier. Cette injonction vise donc à préserver le statu quo, le temps d’examiner la légalité de l’action de l’exécutif.

Les sanctions américaines ont suscité une vive réaction en Europe. Plusieurs gouvernements estiment que les règles mises en place pour encadrer les grandes plateformes numériques ont contribué à rendre Internet plus sûr, notamment en luttant contre les discours haineux, la désinformation et les contenus pédopornographiques. Parmi les personnes sanctionnées figure également Thierry Breton, ancien commissaire européen, dont le cas a cristallisé les tensions transatlantiques.

L’administration américaine, par la voix du secrétaire d’État Marco Rubio, a justifié ces mesures en affirmant que la présence sur le territoire des États-Unis pouvait avoir des « conséquences en matière de politique étrangère » lorsque des individus sont soupçonnés de promouvoir des formes de censure en ligne contraires aux valeurs américaines.

Cette affaire ouvre un nouveau front judiciaire et diplomatique entre Washington et ses alliés européens, au moment où les débats sur la régulation des plateformes numériques et la liberté d’expression restent au cœur des tensions politiques internationales.

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