C’est une idée aussi spectaculaire que symbolique : un représentant du Kremlin a suggéré la construction d’un « tunnel Poutine-Trump » reliant la Russie et les États-Unis sous le détroit de Béring. Le projet, selon lui, marquerait « une nouvelle ère de coopération et d’unité » entre les deux puissances, alors que Vladimir Poutine et Donald Trump doivent se rencontrer prochainement pour un nouveau sommet bilatéral.
L’envoyé russe, Kirill Dmitriev — figure influente du Fonds russe d’investissement direct (RDIF) — a expliqué que ce tunnel relierait la région russe de Tchoukotka à l’Alaska, sur environ 85 kilomètres sous-marins. Il estime qu’une entreprise appartenant à Elon Musk, telle que The Boring Company, pourrait mener les travaux, qu’il juge réalisables « en moins de huit ans ».
Présenté comme un symbole de rapprochement politique et économique, le projet viserait également à stimuler l’exploitation conjointe des ressources naturelles arctiques, ainsi qu’à faciliter les échanges commerciaux entre l’Eurasie et le continent américain.
« Ce tunnel serait le pont du XXIe siècle, une infrastructure historique reliant deux civilisations souvent opposées », a déclaré Dmitriev sur les réseaux sociaux, accompagnant ses propos d’une illustration du projet.
Cette proposition intervient dans un contexte diplomatique délicat : alors que Moscou reste sous le coup de nombreuses sanctions occidentales, la Russie cherche à multiplier les signaux d’ouverture en direction de Washington, dans la perspective d’un éventuel accord de coopération économique lors du sommet à Budapest.
Du côté américain, aucune réaction officielle n’a encore été formulée. Mais plusieurs experts jugent l’idée « irréaliste » à court terme, tant pour ses coûts colossaux — estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars — que pour les tensions géopolitiques persistantes entre les deux nations.
Pour d’autres, cette initiative illustre surtout la volonté du Kremlin de capitaliser sur la relation personnelle entre Poutine et Trump, dans l’espoir de relancer un dialogue gelé depuis plusieurs années. Un projet pharaonique, donc, mais qui pour l’instant, relève davantage de la diplomatie symbolique que de l’ingénierie concrète.