L’administration du président américain Donald Trump envisage d’élargir les accords d’Abraham, conclus sous son premier mandat pour favoriser la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes, à l’Azerbaïdjan ainsi qu’aux pays d’Asie centrale. C’est ce qu’ont révélé plusieurs sources proches des négociations, évoquant des discussions en cours visant à renforcer les liens politiques et économiques, sans viser pour l’instant une reconnaissance diplomatique formelle avec Israël.
L’initiative marque une évolution de la stratégie diplomatique de Washington au Moyen-Orient et en Eurasie, avec un recentrage sur l’intégration régionale et la coopération sécuritaire. Selon les sources, les pourparlers en cours se concentrent sur des accords de coopération économique, énergétique et technologique, plutôt que sur une normalisation officielle des relations avec l’État hébreu, comme cela avait été le cas pour les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan en 2020.
L’objectif affiché serait de créer une nouvelle architecture de coopération régionale incluant des acteurs stratégiques du Caucase et d’Asie centrale, tout en maintenant une pression diplomatique sur l’Iran et en consolidant les alliances des États-Unis dans une zone à fort potentiel énergétique et géopolitique. Le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan seraient également concernés par ces discussions exploratoires.
Toutefois, l’extension des accords d’Abraham à des pays non arabes et non impliqués dans le conflit israélo-palestinien soulève des questions sur la nature et les limites de ce cadre diplomatique. L’Azerbaïdjan, notamment, entretient déjà des liens étroits avec Israël sur les plans militaire et énergétique, mais reste engagé dans un conflit de longue date avec l’Arménie au sujet du Haut-Karabakh, ce qui pourrait compliquer son intégration dans une initiative régionale à portée symbolique forte.
Les responsables américains impliqués dans le dossier estiment néanmoins que ce projet d’élargissement pourrait renforcer la stabilité économique et politique dans une région souvent négligée par la diplomatie occidentale. Il permettrait aussi à Trump de relancer l’une des rares initiatives diplomatiques de son premier mandat saluées sur la scène internationale.
Aucune annonce officielle n’a encore été faite, et les négociations en sont à un stade préliminaire. Mais à l’approche de l’élection présidentielle américaine, cette initiative pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large de politique étrangère visant à présenter Trump comme un artisan de paix et un promoteur de partenariats stratégiques durables.