Le président américain Donald Trump a fixé jeudi le plafond d’admission des réfugiés pour l’exercice fiscal 2026 à seulement 7 500 personnes, soit le niveau le plus bas jamais enregistré dans l’histoire moderne des États-Unis. Cette décision, officialisée dans un document de la Maison-Blanche daté du 30 septembre, s’inscrit dans la continuité de la politique migratoire restrictive menée par le chef de l’État depuis son retour au pouvoir.
Selon le texte, les admissions seront en grande partie axées sur les ressortissants sud-africains appartenant à la minorité afrikaner, issue de la communauté blanche du pays. Le gouvernement américain justifie ce choix par « la situation sécuritaire et les discriminations ciblant certains groupes ethniques » en Afrique du Sud. Cette orientation marque un tournant radical dans les critères de sélection des réfugiés, traditionnellement fondés sur les persécutions religieuses, politiques ou humanitaires sans distinction d’origine.
L’administration Trump affirme que cette politique vise à « recentrer le système d’asile sur la protection des populations véritablement menacées » tout en limitant les abus. Mais de nombreuses ONG et responsables politiques ont dénoncé une mesure discriminatoire et idéologiquement motivée. « C’est une instrumentalisation flagrante du programme des réfugiés à des fins identitaires et politiques », a réagi un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Depuis 1980, les États-Unis avaient accueilli en moyenne entre 70 000 et 100 000 réfugiés par an, un chiffre progressivement réduit sous les précédentes administrations Trump avant d’être relevé par Joe Biden en 2021. Le nouveau plafond de 7 500 personnes représente donc une baisse drastique de plus de 90 % par rapport à la moyenne historique.
Cette annonce a également suscité des critiques à l’étranger, notamment en Afrique du Sud, où le gouvernement a rejeté les accusations de « persécutions systématiques » contre la population afrikaner. Pretoria a qualifié la décision américaine de « manipulation politique injustifiée » et a demandé des clarifications diplomatiques.
Pour les observateurs, cette mesure s’inscrit dans la volonté du président Trump de redéfinir les priorités américaines en matière d’immigration, en privilégiant les critères culturels et économiques au détriment des considérations humanitaires traditionnelles.