Trump et l’Europe divisés sur les intentions de Poutine malgré une unité affichée à l’OTAN
Trump et l’Europe divisés sur les intentions de Poutine malgré une unité affichée à l’OTAN

À l’issue du sommet de l’OTAN à La Haye, les divergences entre les États-Unis et leurs alliés européens sur les véritables ambitions de Vladimir Poutine en Ukraine sont réapparues au grand jour, malgré des avancées notables en matière de défense collective. Le président américain Donald Trump, tout en saluant le succès global de la rencontre, a livré une vision nettement plus conciliante du dirigeant russe que celle exprimée par le secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Mark Rutte.

Pour Trump, Vladimir Poutine serait désormais en quête d’une « sortie » de son conflit prolongé avec l’Ukraine, qu’il a qualifié de « désastre » pour Moscou. Lors d’une conférence de presse mercredi, il a reconnu qu’il était « possible » que la Russie ait des visées territoriales au-delà de l’Ukraine, mais il a insisté sur le fait que le Kremlin souhaite « trouver un accord » pour mettre fin à la guerre, en raison des lourdes pertes humaines et matérielles subies.

À l’inverse, Mark Rutte a adopté une position bien plus alarmiste. Selon lui, si l’Alliance ne renforce pas rapidement ses capacités de défense, la Russie pourrait cibler un État membre de l’OTAN d’ici trois ans. Il a prévenu que la guerre en Ukraine ne représentait peut-être que le début des ambitions impériales du Kremlin. Des inquiétudes partagées par plusieurs responsables européens, qui redoutent une nouvelle phase de déstabilisation de l’Europe de l’Est.

Sur le plan militaire, le sommet a néanmoins été l’occasion d’un rare consensus : les membres ont accepté en majorité de s’engager à porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB, répondant ainsi à une exigence clé de Trump. L’ancien critique virulent de l’Alliance transatlantique a reconnu avoir changé d’avis sur l’OTAN, se disant impressionné par la réorientation stratégique en cours. Une proximité politique inattendue s’est même esquissée entre lui et Mark Rutte, ce dernier comparant Trump à un « papa sévère » imposant discipline et cohérence à ses alliés.

Malgré cette convergence apparente, des tensions subsistent sur la stratégie à adopter face à la Russie. Des figures du Parti républicain, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, ont récemment mis en doute la sincérité de Moscou à négocier. Rubio a cependant indiqué que les États-Unis ralentissaient volontairement l’adoption de nouvelles sanctions contre la Russie, espérant encore un espace pour les pourparlers.

Ainsi, le sommet a offert une démonstration d’unité formelle, mais il a aussi exposé un désaccord de fond : faut-il se préparer à une confrontation prolongée avec Moscou ou parier sur un retrait stratégique du Kremlin ? Pour l’heure, Washington et Bruxelles restent loin d’un consensus sur la réponse.

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