Trump dévoile sa nouvelle vision pour le Moyen-Orient : sanctions levées en Syrie, pression sur l’Iran et espoir de paix régionale
Trump dévoile sa nouvelle vision pour le Moyen-Orient : sanctions levées en Syrie, pression sur l’Iran et espoir de paix régionale

Lors de son premier déplacement international majeur depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a présenté ce mardi à Riyad une nouvelle doctrine américaine pour le Moyen-Orient. Misant sur la stabilité économique et l’effacement des conflits passés, le président américain a multiplié les gestes spectaculaires : levée des sanctions contre la Syrie, appel à un nouvel accord nucléaire avec l’Iran, et pressions pour une normalisation entre l’Arabie saoudite et Israël.

Dans un discours prononcé lors d’un forum d’investissement, Trump a salué l’Arabie saoudite comme un modèle pour la région, vantant les efforts du prince héritier Mohammed ben Salmane en matière de développement économique. Il a appelé à tourner la page de décennies de guerres et d’interventions américaines « dans des sociétés complexes que nous ne comprenions même pas », rejetant explicitement l’approche des « faiseurs de nations » et des interventionnistes.

Parmi les annonces les plus retentissantes figure la décision de Trump de lever les sanctions américaines contre la Syrie, alors qu’il s’apprête à rencontrer à Riyad le nouveau président syrien, Ahmad al-Sharaa, un ancien insurgé ayant renversé Bachar al-Assad en décembre dernier. Le président américain a justifié ce geste par les appels insistants de dirigeants du Golfe et du président turc Erdogan, espérant voir la Syrie suivre les pas de l’Arabie saoudite en matière de « transformation positive ».

Trump a aussi évoqué les relations avec l’Iran, proposant une nouvelle ouverture diplomatique mais avertissant que le temps pressait. « Si les dirigeants iraniens rejettent cette main tendue, nous n’aurons pas d’autre choix que de revenir à une pression maximale », a-t-il prévenu, en menaçant de réduire à zéro les exportations pétrolières du pays.

Autre axe stratégique : le dossier israélo-saoudien. Trump a appelé Riyad à rejoindre les Accords d’Abraham, entamés sous sa première présidence, et à reconnaître Israël « en temps voulu ». Toutefois, l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a bouleversé les dynamiques régionales, et la monarchie saoudienne continue de conditionner toute reconnaissance à la création d’un État palestinien.

Ce voyage a aussi été marqué par une mise en scène soigneusement orchestrée par le prince héritier. Accueilli avec faste à son arrivée à l’aéroport de Riyad, escorté par des chasseurs F-15 saoudiens, Trump a signé avec les autorités saoudiennes une série d’accords bilatéraux dans les domaines militaire, judiciaire, culturel et économique. Le prince a également promis quelque 600 milliards de dollars d’investissements dans l’économie américaine, tandis que Trump en a suggéré le double à venir.

Le contraste avec la visite du président Joe Biden en 2022 est saisissant. À l’époque, les relations étaient tendues en raison du rôle présumé du prince dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Ce sombre épisode semblait toutefois oublié ce mardi, alors que Mohammed ben Salmane côtoyait des figures majeures du monde des affaires, de Stephen Schwarzman (Blackstone) à Elon Musk.

Enfin, cette tournée au Moyen-Orient mènera Trump au Qatar et aux Émirats arabes unis, où il est également attendu pour annoncer de nouveaux projets, notamment dans l’intelligence artificielle et la coopération énergétique. Ces pays accueillent déjà plusieurs projets immobiliers de luxe pilotés par la Trump Organization, dirigée par ses fils aînés.

Avec ce voyage, Donald Trump semble vouloir redessiner en profondeur la politique américaine dans la région : moins d’idéologie, plus de pragmatisme, et une diplomatie fondée sur les affaires et les alliances stratégiques.

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