L’Iran a vivement dénoncé, vendredi, au Conseil de sécurité des Nations Unies, ce qu’il qualifie de complicité américaine dans les récentes frappes aériennes israéliennes contre son territoire. Cette déclaration intervient alors que l’escalade militaire entre Téhéran et Tel-Aviv a pris une ampleur sans précédent, faisant planer la menace d’un conflit régional majeur. Washington, de son côté, a rejeté toute implication directe et a exhorté l’Iran à revenir à la table des négociations sur le nucléaire.
Lors de cette réunion exceptionnelle de l’ONU, l’ambassadeur iranien Amir Saeid Iravani a accusé Israël de chercher à « tuer la diplomatie » et de « saboter les négociations » internationales sur le nucléaire. Il a affirmé que la responsabilité de Washington était « hors de tout doute » : « En facilitant et en permettant ces crimes, les États-Unis partagent l’entière responsabilité des conséquences », a-t-il déclaré.
L’ambassadeur israélien Danny Danon a, pour sa part, défendu les frappes contre l’Iran comme un « acte de préservation nationale », affirmant que son pays avait fait preuve de patience malgré les provocations croissantes. Il a ajouté que les renseignements israéliens confirmaient que l’Iran était à quelques jours de produire suffisamment de matière fissile pour plusieurs bombes nucléaires.
Le haut responsable américain McCoy Pitt a précisé que les États-Unis avaient été informés à l’avance des frappes israéliennes, mais qu’ils n’y avaient pris aucune part militaire. Il a toutefois averti Téhéran qu’il serait « sage » de négocier, rappelant que l’objectif de Washington restait de garantir que l’Iran ne puisse jamais acquérir l’arme nucléaire.
Le président américain Donald Trump a imposé à l’Iran un ultimatum de 60 jours, expirant jeudi, pour trouver un terrain d’entente sur son programme nucléaire. Un sixième cycle de négociations était prévu dimanche à Oman, mais les doutes persistent quant à sa tenue, alors que les tensions ne cessent de croître.
Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a confirmé devant le Conseil que l’usine pilote d’enrichissement de Natanz avait été détruite. Il a également rapporté que Téhéran avait signalé des frappes sur deux autres sites nucléaires, à Fordow et Ispahan.
Alors que la diplomatie est à l’arrêt et que les armes parlent, la communauté internationale observe avec inquiétude une situation explosive où les lignes rouges semblent de plus en plus effacées.