Sommet historique des BRICS à Rio : un bloc élargi défie l’ordre mondial occidental
Sommet historique des BRICS à Rio : un bloc élargi défie l’ordre mondial occidental

Les dirigeants du groupe BRICS, désormais élargi, se réunissent à Rio de Janeiro ce week-end pour un sommet placé sous le signe du multilatéralisme et de la réforme des institutions internationales dominées par l’Occident. À l’heure où le G7 et le G20 sont fragilisés par des divisions croissantes et la posture isolationniste du président américain Donald Trump, les BRICS entendent se positionner comme une alternative crédible dans un monde en recomposition.

Ce sommet marque un tournant majeur pour l’alliance, qui rassemble désormais douze pays membres, incluant pour la première fois l’Indonésie comme membre à part entière. Outre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, le bloc compte depuis l’an dernier l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette diversification géopolitique, bien qu’ambitieuse, soulève aussi des interrogations sur la cohérence stratégique d’un groupe où se côtoient rivaux régionaux et puissances émergentes aux agendas parfois divergents.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, hôte du sommet, a profité du forum d’affaires organisé en marge des discussions pour appeler les BRICS à défendre le libre-échange face à la montée du protectionnisme. Il a insisté sur la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale, dominée par des institutions occidentales, et a rappelé que le bloc représente désormais plus de la moitié de la population mondiale et 40 % de la production économique globale.

L’événement se tient néanmoins dans un contexte diplomatique particulier. Le président chinois Xi Jinping, souvent moteur au sein du groupe, a choisi de ne pas participer en personne, déléguant le Premier ministre Li Qiang. Le président russe Vladimir Poutine, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, intervient à distance. En revanche, le Premier ministre indien Narendra Modi et le président sud-africain Cyril Ramaphosa sont bien présents à Rio pour les discussions en présentiel.

Alors que le sommet s’ouvre au Musée d’art moderne de Rio, les regards sont tournés vers la capacité des BRICS à s’unir autour d’une déclaration commune. Celle-ci, qui avait échappé à leurs ministres des Affaires étrangères en avril, devrait réaffirmer l’engagement du groupe en faveur d’un ordre mondial multipolaire, malgré ses nouvelles fractures internes. Pour un diplomate brésilien, l’élargissement rapide des BRICS n’est pas sans poser de défis, mais il témoigne aussi d’un vide laissé par les puissances occidentales : « Le G7 a perdu la prédominance qu’il avait autrefois ».

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