SEOUL, 17 juin (Reuters) — Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité de Russie et proche conseiller du président Vladimir Poutine, est arrivé mardi en Corée du Nord pour une visite officielle à Pyongyang, a rapporté l’agence de presse russe Tass. Il doit y rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, dans le cadre du resserrement accéléré des liens diplomatiques, militaires et stratégiques entre les deux pays.
Selon Tass, Choïgou effectue ce déplacement « sur instructions spéciales » de Vladimir Poutine. Il discutera avec les dirigeants nord-coréens de la mise en œuvre des accords conclus lors de sa précédente visite, début juin, dans le prolongement du traité de partenariat stratégique global signé en 2024 par Kim et Poutine. Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur le contenu précis des échanges ni sur la nature des instructions présidentielles.
Il s’agit de la troisième visite officielle de Choïgou en Corée du Nord en moins de trois mois, ce qui illustre l’intensification des relations bilatérales entre Moscou et Pyongyang, dans un contexte de tensions croissantes avec les puissances occidentales. La coopération entre les deux États s’est accélérée ces deux dernières années, en particulier sur le plan militaire.
Une enquête récente de Reuters a mis en lumière l’ampleur de l’aide militaire nord-coréenne à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine. Pyongyang aurait ainsi fourni à Moscou des millions de munitions d’artillerie, ainsi que des milliers de soldats, déployés sur le front ukrainien aux côtés des forces russes.
Kim Jong Un a publiquement exprimé son « soutien inconditionnel » à la politique du Kremlin, allant jusqu’à qualifier l’invasion de l’Ukraine d’acte légitime de défense contre l’Occident. En retour, la Corée du Sud et plusieurs pays occidentaux soupçonnent Moscou de transférer à Pyongyang des technologies militaires avancées — notamment dans les domaines balistique et spatial — ainsi qu’une aide économique pour pallier les effets des sanctions internationales.
La multiplication des échanges de haut niveau entre Moscou et Pyongyang alimente les craintes d’un nouvel axe autoritaire entre régimes isolés, sur fond de rivalité géopolitique globale. Alors que l’Occident tente d’isoler la Russie sur la scène internationale, celle-ci trouve en Corée du Nord un partenaire stratégique disposé à lui fournir un appui militaire direct, en échange de soutien technologique et économique.
La Corée du Nord, lourdement sanctionnée par les Nations unies pour ses programmes nucléaires et de missiles, voit dans ce rapprochement une opportunité cruciale pour renforcer son arsenal militaire et briser son isolement. Pour Moscou, cet appui logistique et matériel est devenu un atout majeur dans une guerre qui s’enlise, face à une Ukraine soutenue par les États-Unis et l’Union européenne.
Les prochaines étapes de la visite de Choïgou et les annonces potentielles sur de nouveaux accords seront scrutées de près par la communauté internationale, dans un climat de tensions exacerbées en Asie de l’Est comme en Europe.