Royaume-Uni : la reconnaissance d’un État palestinien n’est pas une récompense pour le Hamas, affirme Londres
Royaume-Uni : la reconnaissance d’un État palestinien n’est pas une récompense pour le Hamas, affirme Londres

LONDRES, 30 juillet 2025 — Le gouvernement britannique a rejeté mercredi les accusations selon lesquelles son intention de reconnaître un État palestinien d’ici septembre reviendrait à récompenser le Hamas, précisant que cette initiative visait à soulager la population civile de Gaza et à relancer les efforts de paix.

L’annonce, formulée mardi par le Premier ministre Keir Starmer, conditionne la reconnaissance britannique de la Palestine à des gestes significatifs d’Israël : l’amélioration de l’accès humanitaire à Gaza, l’arrêt de toute annexion en Cisjordanie, et un engagement clair en faveur d’un processus de paix durable. Faute de tels engagements, Londres déposera une résolution de reconnaissance à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre.

Cette prise de position a aussitôt suscité une vive réaction de la part du gouvernement israélien, qui accuse le Royaume-Uni de « récompenser le Hamas » et de « punir les victimes » de l’attaque menée par le groupe islamiste contre Israël en octobre 2023. Le président américain Donald Trump a également exprimé sa désapprobation, déclarant qu’il ne pensait pas que le Hamas « devait être récompensé » par une reconnaissance d’indépendance palestinienne.

Face à ces critiques, la ministre britannique des Transports, Heidi Alexander, s’est efforcée de clarifier la position du gouvernement dans une série d’interviews médiatiques mercredi matin. « Ce n’est en aucun cas une récompense pour le Hamas. Le Hamas est une organisation terroriste abjecte, responsable d’atrocités épouvantables. Il s’agit du peuple palestinien, de ces enfants à Gaza qui meurent de faim », a-t-elle déclaré à la radio LBC.

Le Royaume-Uni entend ainsi « accroître la pression sur le gouvernement israélien » pour lever les restrictions qui entravent l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave. Ces derniers jours, les images d’enfants gravement sous-alimentés à Gaza ont choqué la communauté internationale. Un observatoire de la faim a même averti mardi qu’un scénario de famine généralisée était en cours dans la région, appelant à une intervention immédiate.

La France a annoncé la semaine dernière une démarche similaire, avec l’intention de reconnaître l’État palestinien en septembre. Le Royaume-Uni, pour sa part, avait jusqu’à présent conditionné une telle décision à un « moment jugé le plus opportun ». Pour Keir Starmer, ce moment est désormais venu : « La solution à deux États est en péril », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée, soulignant que la souffrance des civils ne pouvait plus attendre.

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