Robert Fico fustige l’UE après sa visite controversée aux commémorations de guerre à Moscou
Robert Fico fustige l’UE après sa visite controversée aux commémorations de guerre à Moscou

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a vivement critiqué l’Union européenne vendredi, l’accusant de tenter d’empêcher sa participation aux commémorations du 80e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie, organisées à Moscou. En marge de la cérémonie militaire, Fico a rencontré le président russe Vladimir Poutine au Kremlin, affirmant sa volonté de maintenir des relations pragmatiques avec la Russie, en dépit des tensions croissantes entre Moscou et Bruxelles.

Arrivé dans la capitale russe après un itinéraire complexe — son avion ayant été contraint de contourner plusieurs espaces aériens fermés par des membres de l’UE — Fico a tourné en dérision les « problèmes techniques » imposés par ses partenaires européens, les qualifiant de « plaisanterie enfantine ». Devant Poutine, il a déclaré : « Je m’oppose à la création de tout nouveau rideau de fer et je ferai tout pour que nous puissions nous serrer la main à travers ce rideau ».

La présence du dirigeant slovaque à Moscou a suscité de vives critiques au sein de l’Union européenne, où la plupart des dirigeants ont boycotté l’événement. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, et le Premier ministre polonais Donald Tusk ont dénoncé sa participation, ce dernier estimant que « applaudir le président Poutine est une honte pour tous ceux qui y assistent ».

Fico a riposté via Facebook, justifiant son déplacement par la nécessité de rendre hommage aux soldats de l’Armée rouge ayant libéré la Slovaquie pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a affirmé qu’il était légitime d’entretenir un dialogue avec des dirigeants étrangers, y compris ceux en désaccord avec Bruxelles.

Sur le plan énergétique, Fico a réitéré à Vladimir Poutine son opposition à la proposition de l’UE d’éliminer progressivement les achats d’énergie russe, qualifiant cette politique de « suicidaire sur le plan économique ». Il s’est dit prêt à utiliser le veto national pour bloquer toute mesure en ce sens au sein des institutions européennes, rejoignant ainsi la position exprimée précédemment par la Hongrie.

Cette visite marque un nouveau bras de fer entre Bratislava et ses partenaires européens, alors que la Slovaquie semble de plus en plus s’écarter du consensus occidental sur la gestion du conflit russo-ukrainien.

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