Promesse tardive de Trump : les Émirats renvoient déjà des réfugiés afghans malgré les appels à l’aide
Promesse tardive de Trump : les Émirats renvoient déjà des réfugiés afghans malgré les appels à l’aide

Alors que Donald Trump s’est récemment engagé à secourir des réfugiés afghans bloqués aux Émirats arabes unis, un câble diplomatique confidentiel révèle que les autorités émiraties ont déjà commencé à renvoyer certains d’entre eux en Afghanistan. Cette décision, prise et communiquée à Washington avant même la déclaration de l’ex-président américain, soulève des questions sur la coordination entre les deux alliés et le sort des réfugiés concernés.

Selon ce câble interne du département d’État américain consulté par Reuters, les Émirats arabes unis ont informé les diplomates américains le 10 juillet qu’ils avaient déjà expulsé deux familles afghanes vers leur pays d’origine « avec succès et en toute sécurité ». L’information a été transmise lors d’une réunion à Abou Dhabi par Salem al-Zaabi, conseiller spécial du ministre des Affaires étrangères émirati. Le responsable a également indiqué que les 25 autres réfugiés toujours présents dans le centre de rétention d’Abou Dhabi seraient rapatriés d’ici le 20 juillet.

Ces retours interviennent alors que les Émirats, partenaire stratégique des États-Unis, avaient accepté en 2021 d’accueillir temporairement plusieurs milliers d’Afghans évacués de Kaboul, à la suite de la chute du gouvernement soutenu par l’Occident. À ce jour, environ 17 000 personnes sont passées par le centre Emirates Humanitarian City. Mais pour plus de trente Afghans restés sur place, l’avenir reste incertain, d’autant que certains d’entre eux pourraient être remis directement aux talibans, selon des informations relayées par le média américain Just the News.

Dans un message publié dimanche sur Truth Social, Donald Trump a déclaré : « Je vais essayer de les sauver, dès maintenant », en référence aux Afghans encore retenus dans le centre. Mais selon les informations du câble, cette déclaration pourrait s’avérer tardive pour certains réfugiés déjà renvoyés ou en passe de l’être.

Les Émirats ont assuré qu’ils chercheraient à obtenir des garanties de sécurité auprès des talibans pour les personnes concernées. Toutefois, cette assurance soulève de nombreuses inquiétudes au sein des ONG et des défenseurs des droits humains, qui pointent les risques encourus par ces anciens évacués, potentiellement ciblés pour avoir collaboré avec les forces occidentales.

L’administration américaine n’a pas encore commenté officiellement les retours en cours. Cette situation met en lumière la fragilité de l’engagement international à protéger les Afghans ayant fui leur pays, et l’écart entre les annonces politiques et la réalité sur le terrain.

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