Le président russe Vladimir Poutine aurait récemment exprimé son soutien à un accord nucléaire interdisant à l’Iran d’enrichir de l’uranium, selon des informations publiées samedi par le média américain Axios, qui cite plusieurs sources anonymes proches des discussions. Toujours selon Axios, cette position aurait été transmise à la fois au président américain Donald Trump et à des représentants iraniens dans le cadre de négociations informelles autour d’un nouveau cadre de contrôle du programme nucléaire de Téhéran.
Ce type d’accord, qualifié de « zéro enrichissement », irait bien au-delà des engagements de l’Iran dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 (le JCPOA), qu’il respecte de manière partielle depuis son démantèlement progressif après le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 sous la première présidence Trump. Une telle mesure signifierait que l’Iran renoncerait totalement à toute capacité d’enrichissement d’uranium, y compris à des fins civiles, ce que Téhéran a toujours catégoriquement refusé.
En réponse à ces affirmations, l’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim a publié un démenti, citant une « source informée » selon laquelle le Kremlin n’a jamais adressé à l’Iran un message de ce type. Selon cette source, la position officielle de la Russie reste inchangée : Moscou soutient le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil, y compris l’enrichissement, dans le respect des obligations internationales.
Ce démenti intervient alors que les tensions diplomatiques se multiplient autour du programme nucléaire iranien. Téhéran affirme ne vouloir négocier qu’à la condition que son droit à l’enrichissement soit respecté, excluant toute discussion sur ses capacités de défense, notamment ses missiles balistiques. Toute tentative d’imposer un accord plus restrictif risquerait donc de fragiliser encore davantage les discussions avec l’Occident.
L’hypothèse d’une médiation russe entre Washington et Téhéran paraît, à ce stade, incertaine. Si Moscou joue traditionnellement un rôle d’allié stratégique de l’Iran, notamment sur les dossiers syriens et énergétiques, son éventuelle implication dans la promotion d’un accord « zéro enrichissement » pourrait être perçue comme un revirement, voire comme une tentative de repositionnement diplomatique dans un contexte géopolitique tendu.
Le Kremlin n’a pour l’instant pas commenté publiquement les informations de Axios. En l’absence de confirmation officielle, les spéculations autour de la position réelle de Poutine sur le dossier iranien devraient se poursuivre, alors que les négociations internationales sur le nucléaire sont à un tournant critique.