SAINT-PÉTERSBOURG – Le président russe Vladimir Poutine a une nouvelle fois attisé la controverse vendredi en affirmant que « toute l’Ukraine est à nous » – du moins « théoriquement » –, lors de son intervention au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Ces déclarations interviennent alors que la guerre menée par la Russie en Ukraine entre dans sa quatrième année.
« Du point de vue historique, du point de vue de notre héritage, toute l’Ukraine est à nous. C’est une terre russe », a lancé Poutine, poursuivant qu’il n’écartait pas l’idée de prendre la ville de Soumy, dans le nord-est de l’Ukraine. Il a toutefois précisé qu’aucune décision n’avait encore été prise à ce sujet.
Le président russe a également réaffirmé sa vision selon laquelle Russes et Ukrainiens « forment un seul peuple », une position qu’il défend depuis les débuts de l’invasion, en février 2022. Selon lui, l’objectif stratégique de la Russie est d’assurer que l’Ukraine reste un État neutre, c’est-à-dire non-aligné avec l’OTAN ou tout autre bloc occidental.
Cette rhétorique impérialiste a aussitôt suscité des réactions vives à Kiev. Un ministre ukrainien a dénoncé « un mépris manifeste pour toutes les initiatives diplomatiques de paix » et accusé Moscou de « saboter toute perspective de négociation sérieuse en continuant de revendiquer le territoire ukrainien ».
Ces propos surviennent alors que les combats se poursuivent dans l’est de l’Ukraine, notamment autour des régions de Kharkiv et Donetsk, où les forces russes ont lancé de nouvelles offensives ces dernières semaines. Sur le plan diplomatique, la Russie reste largement isolée, bien que soutenue par certains pays tels que la Chine et l’Iran.
Au Forum de Saint-Pétersbourg, Poutine a aussi fustigé l’Occident, accusant les États-Unis et l’Union européenne de prolonger inutilement le conflit en soutenant militairement l’Ukraine. Il a cependant laissé entendre que Moscou restait « ouvert au dialogue », tout en posant des conditions jugées inacceptables par Kiev et ses alliés.