Un câble diplomatique américain récemment révélé soulève des questions sensibles sur l’éligibilité raciale au programme spécial de réinstallation de réfugiés sud-africains mis en place par l’administration Trump. Selon ce document, des diplomates américains en poste se sont demandé si les minorités non blanches d’Afrique du Sud pouvaient bénéficier de ce programme, alors qu’un responsable proche du président a indiqué par courriel que le dispositif visait spécifiquement les Afrikaners blancs.
Le programme, lancé discrètement plus tôt cette année, avait pour objectif affiché de répondre aux préoccupations de sécurité et de marginalisation de certaines communautés minoritaires sud-africaines. Toutefois, selon plusieurs sources diplomatiques, l’attention semble s’être portée de manière exclusive, en pratique sinon en droit, sur les Sud-Africains blancs, en particulier les fermiers afrikaners, souvent présentés par certains cercles conservateurs comme victimes de violences ciblées.
Un haut responsable de l’administration Trump, cité dans un courriel interne, aurait écrit que « le programme a été conçu pour aider les Blancs sud-africains persécutés ». Cette déclaration, bien que non officielle, a soulevé des inquiétudes au sein même du Département d’État, où des diplomates ont interrogé leurs supérieurs sur la possibilité d’inclure d’autres groupes marginalisés, notamment des membres de communautés indiennes, métisses ou noires subissant également des discriminations et violences.
Face à la polémique naissante, le Département d’État a tenu à clarifier sa position : « Le programme est ouvert à toutes les minorités sud-africaines, y compris les Afrikaners, mais pas exclusivement », a-t-il déclaré dans un communiqué, insistant sur le fait que la race ne constituait pas un critère d’éligibilité. Toutefois, cette affirmation contraste avec les communications internes et la perception de plusieurs diplomates sur le terrain, qui dénoncent un flou entretenu autour des critères d’admission.
La rencontre entre Donald Trump et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, en mai dernier à la Maison-Blanche, n’a pas permis de dissiper totalement les tensions autour de ce sujet. Si les deux dirigeants ont abordé des questions économiques et sécuritaires, les questions migratoires et humanitaires n’ont pas fait l’objet d’une déclaration conjointe détaillée.
Cette affaire ravive les critiques autour de l’utilisation politique et idéologique des programmes d’accueil de réfugiés par l’administration Trump, déjà accusée par le passé de privilégier certaines nationalités ou appartenances ethniques dans ses politiques migratoires. Elle souligne également les tensions persistantes autour de la question raciale, tant aux États-Unis qu’en Afrique du Sud.