Pékin fustige la Première ministre japonaise et réclame des comptes (AP)
Pékin fustige la Première ministre japonaise et réclame des comptes (AP)

Les commentaires de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une possible riposte militaire du Japon en cas d’attaque chinoise contre Taïwan ont déclenché une vive indignation des médias d’État chinois et provoqué une nouvelle tension diplomatique entre Pékin et Tokyo. Takaichi avait affirmé devant le Parlement qu’une attaque contre Taïwan pourrait constituer une « situation mettant en péril la survie de la population » et justifier une réponse de Tokyo, propos qui ont été officiellement contestés par la Chine.

Pékin a réagi par une protestation formelle, tandis que le consul général de Chine à Osaka, Xue Jian, a publié un message à tonalité menaçante ciblant la cheffe du gouvernement japonais un message qualifié par Tokyo « d’extrêmement inapproprié » et ayant fait l’objet d’une plainte auprès des autorités chinoises. Malgré des déclarations ultérieures de Takaichi annonçant qu’elle éviterait à l’avenir de tels commentaires, les éditoriaux de la télévision d’État chinoise laissent entendre que la polémique pourrait se prolonger.

La chaîne CCTV a publié un éditorial dénonçant des propos « d’une nature et d’un impact extrêmement malveillants », accusant la dirigeante japonaise d’avoir franchi une « ligne rouge ». Un message affilié à CCTV est allé jusqu’à se moquer de son nom et à la traiter de « faiseuse de troubles », tandis que l’éditorial a comparé sa formulation à l’invasion japonaise de la Mandchourie en 1931, une référence historique particulièrement sensible pour Pékin.

À Tokyo, plusieurs responsables ont appelé à des mesures à l’encontre du diplomate chinois après ses propos sur les réseaux sociaux. Certains dirigeants du parti au pouvoir ont demandé l’expulsion de Xue si Pékin ne faisait pas d’effort pour calmer la situation, et des figures de l’opposition ont également soutenu cette option. Le ministère japonais des Affaires étrangères n’avait pas immédiatement réagi aux demandes de commentaire.

Le dossier met en lumière la délicate ambiguïté stratégique que le Japon entretient traditionnellement concernant Taïwan : Tokyo évite habituellement d’évoquer publiquement des scénarios d’intervention pour ne pas attiser les tensions, tout en restant étroitement aligné sur son principal allié en matière de sécurité, les États-Unis. Pékin revendique Taïwan et ne renonce pas à l’usage de la force pour en reprendre le contrôle, tandis que Taïpei rejette ces revendications.

La situation traduit un regain de friction diplomatique entre les deux puissances régionales, chacune cherchant à ménager son opinion publique tout en défendant ses intérêts stratégiques. Tant que les responsables des deux pays n’engageront pas un dialogue apaisant, les échanges virulents des médias d’État et les appels à des mesures politiques risquent de maintenir une atmosphère de confrontation dans la région.

Que retenir rapidement ?

Les commentaires de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une possible riposte militaire du Japon en cas d’attaque chinoise contre Taïwan

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