La Chine a officiellement destitué l’un de ses plus hauts responsables militaires, Miao Hua, de la puissante Commission militaire centrale (CMC), selon un communiqué diffusé vendredi par l’agence de presse officielle Xinhua. Âgé de 69 ans, Miao faisait l’objet depuis novembre dernier d’une enquête pour « violations graves de la discipline », une expression souvent utilisée en Chine pour désigner des affaires de corruption.
Ancien chef de l’idéologie politique de l’Armée populaire de libération (APL), Miao Hua avait été suspendu de ses fonctions et effacé de plusieurs organigrammes gouvernementaux ces dernières semaines. Sa photo avait notamment disparu du site du ministère de la Défense, signal clair de sa disgrâce imminente. Le mois dernier, l’Assemblée populaire nationale l’avait déjà écarté pour des « violations graves de la discipline et de la loi ».
Cette exclusion marque une nouvelle phase dans la vaste campagne de lutte contre la corruption menée par le président Xi Jinping au sein des forces armées. Depuis plusieurs mois, plus d’une douzaine de hauts gradés de l’APL ainsi que des dirigeants influents de l’industrie de la défense ont été visés par des enquêtes ou limogés, dans ce qui semble être un nettoyage sans précédent au sommet de l’appareil militaire chinois.
Miao Hua avait gravi les échelons dans la province du Fujian, où Xi Jinping exerçait comme cadre local dans les années 1990. Leur proximité avait conduit Xi à le promouvoir personnellement au sein de la CMC, organe de commandement suprême de l’armée chinoise. Ce lien personnel n’a cependant pas suffi à protéger Miao de la purge en cours.
Dans un communiqué connexe, les autorités ont également annoncé la destitution du vice-amiral Li Hanjun, chef d’état-major de la marine de l’APL, de son poste de délégué parlementaire. Par ailleurs, le général He Weidong, autre membre influent de la CMC, n’a pas été vu en public depuis le 11 mars, alimentant les spéculations sur une possible mise à l’écart.
Ces évolutions traduisent un durcissement du contrôle exercé par Xi Jinping sur l’armée, à l’approche du 21e Congrès du Parti communiste chinois. Elles illustrent aussi l’ampleur des tensions internes et des luttes d’influence au sein des cercles dirigeants de la République populaire.