L’Iran a annoncé jeudi l’ouverture prochaine d’un nouveau site d’enrichissement d’uranium, en réponse à une décision sans précédent depuis vingt ans du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies a officiellement constaté que Téhéran ne respecte pas ses obligations dans le cadre du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), ouvrant la voie à un possible retour des sanctions internationales.
Dans un communiqué conjoint, le ministère iranien des Affaires étrangères et l’Organisation iranienne de l’énergie atomique ont dénoncé une résolution « politique » à laquelle « la République islamique d’Iran n’a d’autre choix que de répondre ». Le porte-parole de l’agence nucléaire, Behrouz Kamalvandi, a précisé que l’Iran avait immédiatement informé l’AIEA de « mesures spécifiques et effectives », dont le lancement d’un troisième site sécurisé d’enrichissement, dont la localisation reste confidentielle. Deux sites souterrains sont déjà en activité à Fordo et Natanz, ce dernier ayant été la cible d’actes de sabotage attribués à Israël.
L’Iran prévoit également de remplacer les centrifugeuses actuelles de Fordo par des modèles plus performants. Cette modernisation devrait entraîner, selon les autorités iraniennes, une augmentation significative de la production de matériaux enrichis. Une évolution qui suscite l’inquiétude des pays occidentaux, qui craignent une accélération du programme nucléaire iranien à des fins non pacifiques.
La résolution a été proposée par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne. Dix-neuf pays membres du conseil de l’AIEA l’ont soutenue, tandis que la Russie, la Chine et le Burkina Faso s’y sont opposés. Onze pays se sont abstenus et deux n’ont pas pris part au vote. Le texte demande à l’Iran de répondre « sans délai » à l’enquête portant sur la présence de traces d’uranium sur plusieurs sites non déclarés.
Les autorités occidentales soupçonnent ces éléments d’être la preuve d’un programme nucléaire militaire clandestin interrompu en 2003. Le rapport de l’AIEA distribué aux membres la semaine dernière évoque une coopération iranienne « loin d’être satisfaisante ». Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être saisi de la question si aucun progrès n’est enregistré dans les mois à venir.
La décision survient alors qu’une nouvelle session de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis est prévue dimanche à Oman. Le projet de résolution réaffirme son soutien à une issue diplomatique, tout en avertissant que l’échéance d’octobre — au-delà de laquelle les sanctions ne pourront plus être rétablies dans le cadre de l’accord de 2015 — impose un calendrier serré pour une reprise du dialogue. En parallèle, la montée des tensions dans la région a entraîné le départ de certains personnels américains et de leurs familles, tandis que les menaces d’éventuelles frappes préventives de la part d’Israël ou des États-Unis ont été remises sur la table par l’ancien président Donald Trump.