Mark Carney critique l'invitation de Trump par Londres : tensions diplomatiques autour de la souveraineté canadienne
Mark Carney critique l'invitation de Trump par Londres : tensions diplomatiques autour de la souveraineté canadienne

LONDRES – Le Premier ministre canadien Mark Carney a vivement critiqué mardi la décision du Royaume-Uni d’inviter Donald Trump pour une seconde visite d’État, estimant que ce geste nuisait aux efforts de son gouvernement pour défendre la souveraineté canadienne face aux déclarations controversées du président américain.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a à plusieurs reprises suggéré que le Canada pourrait devenir le 51e État des États-Unis. Une idée qui a suscité une vive indignation au Canada, renforçant le climat de méfiance entre Ottawa et Washington. Dans ce contexte, l’invitation officielle de Londres a été perçue par Carney comme un signal brouillé de la part d’un allié historique.

« Les Canadiens n’ont pas été impressionnés par ce geste… compte tenu des circonstances », a déclaré Carney dans une interview accordée à Sky News. Il a ajouté que cette décision britannique était intervenue à un moment où son gouvernement affirmait clairement sa position sur les enjeux de souveraineté.

L’invitation controversée a été remise en février par le Premier ministre britannique Keir Starmer lors de sa visite à Washington, avec le soutien de la monarchie. Le roi Charles, également chef d’État du Canada, aurait officiellement convié Trump à une visite d’État sans précédent, renforçant ainsi les liens protocolaires entre les deux pays. Cette décision survient alors que le monarque prévoit d’assister à l’ouverture du Parlement canadien le 27 mai, une première depuis 1977, dans un geste que Carney a qualifié de « moment de réaffirmation » de l’identité nationale canadienne.

Starmer, qui cherche à relancer les relations commerciales avec les États-Unis dans l’ère post-Brexit, tente d’entretenir un dialogue fluide avec Trump en mettant en avant la sécurité, les dépenses militaires et les symboles de prestige diplomatique. Un accord commercial bilatéral restreint a d’ailleurs été conclu récemment entre Londres et Washington.

Interrogé sur les critiques de Mark Carney, le ministre britannique Pat McFadden a répondu que chaque pays gérait ses relations diplomatiques selon ses propres intérêts, évitant ainsi de prendre position dans la polémique.

Alors que les tensions autour des déclarations de Trump sur le Canada continuent d’alimenter l’inquiétude au nord du continent, la diplomatie britannique semble déterminée à ménager les intérêts commerciaux au détriment, selon Ottawa, de la solidarité entre alliés.

Partager