Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a assuré jeudi que les responsables présumés d’un vaste scandale de corruption lié à des projets d’infrastructures publiques seraient emprisonnés « d’ici la fin de l’année », promettant une réponse ferme face à l’indignation populaire qui secoue le pays.
L’affaire, centrée sur des installations de lutte contre les inondations défaillantes ou inexistantes malgré des budgets colossaux, a suscité une vague de colère nationale. Les révélations ont provoqué des manifestations mobilisant étudiants, organisations civiques et responsables religieux, alors même que de violents typhons ont récemment mis en lumière les failles de ces projets mal exécutés.
Marcos, lors d’une conférence de presse télévisée, a affirmé que les suspects « ne passeront pas un joyeux Noël », alors que les noms de dizaines de fonctionnaires et de dirigeants du secteur privé défilaient sur un écran derrière lui. Il a rappelé que la commission anticorruption créée plus tôt dans l’année a déjà mis au jour des irrégularités majeures, allant de la mauvaise documentation à la simple absence d’infrastructures prétendument terminées.
Le scandale a pesé sur l’économie philippine, la croissance du troisième trimestre ayant chuté à son niveau le plus bas en quatre ans. Les dépenses d’infrastructures, freinées par des audits renforcés, ont reculé de plus de 26 %, alimentant les inquiétudes nationales et internationales quant à la gestion des fonds publics.
Le président a toutefois assuré que les dépenses publiques repartiraient à la hausse avant la fin de l’année afin de relancer les projets essentiels et rétablir la confiance. Les autorités ont déjà gelé 6,3 milliards de pesos d’actifs liés au scandale et entendent désormais obtenir leur confiscation au profit de l’État.
Marcos, héritier d’un nom associé à la corruption sous la dictature de son père, présente cette opération comme un engagement clair en faveur de la transparence, dans un contexte politique tendu où de nouvelles manifestations anticorruption sont prévues dans les semaines à venir.