Macron à l’ONU : la France reconnaît l’État de Palestine ce lundi
Macron à l’ONU : la France reconnaît l’État de Palestine ce lundi

Emmanuel Macron a créé l’événement lundi soir à New York, en annonçant à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies la reconnaissance officielle par la France de l’État de Palestine. « Fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient, je déclare que la France reconnaît aujourd’hui l’État de Palestine », a-t-il solennellement affirmé, sous les applaudissements de nombreux diplomates, mais en l’absence remarquée de la délégation israélienne. Le président a présenté ce geste comme une « défaite pour le Hamas » et une condition nécessaire à la reprise d’un processus de paix.

« Rien ne justifie plus la guerre à Gaza »

Dès les premières minutes de son discours, le chef de l’État a placé son intervention sur le terrain humanitaire. « Le temps est venu de libérer les otages détenus par le Hamas, d’arrêter les massacres à Gaza. Le temps de la paix est venu », a-t-il lancé. « Rien ne justifie plus la guerre à Gaza », a-t-il martelé, évoquant les « centaines de milliers de vies déplacées et détruites » et répétant qu’« une vie vaut une vie ». Macron a rappelé que depuis le 7 octobre, « la négation de l’humanité de l’autre » avait pris le dessus et qu’il fallait désormais « reconnaître l’humanité de chacun ».

La reconnaissance française s’accompagne toutefois de conditions. Emmanuel Macron a annoncé qu’une ambassade française en Palestine ne pourrait être ouverte qu’après la libération de l’ensemble des 48 otages israéliens encore retenus et l’instauration d’un cessez-le-feu. Le président a également défendu la mise en place d’une « administration de transition » à Gaza, incluant l’Autorité palestinienne et la jeunesse palestinienne, épaulée par des forces de sécurité formées et financées par la communauté internationale, pour désarmer et démanteler le Hamas.

Une dynamique européenne, des réactions contrastées

Paris n’est pas isolé dans ce choix. Plusieurs pays européens, dont la Belgique, le Luxembourg, Malte, Andorre et Saint-Marin, ont annoncé simultanément leur reconnaissance, après le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal. Selon l’ONU, près de 148 pays reconnaissent désormais l’État palestinien, contre 145 avant ce sommet. « Nous devons préserver la possibilité d’une solution à deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité », a insisté Macron, appelant les pays arabes à normaliser leurs relations avec Israël une fois la Palestine reconnue.

À Ramallah, l’Autorité palestinienne a salué une décision « historique et courageuse », conforme au droit international et aux résolutions onusiennes. À Jérusalem, Benyamin Netanyahou a en revanche réaffirmé qu’« aucun État palestinien ne verrait le jour à l’ouest du Jourdain » et menacé d’intensifier la colonisation en Cisjordanie. Aux États-Unis, Donald Trump a dénoncé une « récompense pour le Hamas » et promis de s’en prendre, dès mardi à l’ONU, aux pays ayant pris cette initiative.

En France, la classe politique se divise. La gauche salue une décision attendue depuis longtemps, présentée comme un pas nécessaire vers la paix. La droite et une partie du centre dénoncent un geste « prématuré » et « dangereux », qui risquerait d’affaiblir la sécurité d’Israël et de fragiliser les relations franco-israéliennes.

Au terme de son discours, Emmanuel Macron a insisté sur « l’urgence » d’arrêter la guerre à Gaza et d’ouvrir une « mécanique de paix ». Pour le président français, la reconnaissance d’un État palestinien n’est pas une fin en soi mais le point de départ d’un processus politique destiné à rendre crédible une solution à deux États, seule issue, selon lui, pour sortir du cycle de violence.

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