L’Iran refuse de renoncer à l’enrichissement nucléaire malgré les tensions post-conflit avec Israël
L’Iran refuse de renoncer à l’enrichissement nucléaire malgré les tensions post-conflit avec Israël

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que son pays ne pouvait pas abandonner son programme d’enrichissement d’uranium, malgré les dégâts subis par ses installations nucléaires lors du récent conflit armé avec Israël. Cette déclaration, faite lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine Fox News, marque un durcissement de la position de Téhéran à un moment où les négociations diplomatiques avec Washington restent dans l’impasse.

« Nous ne pouvons pas renoncer à ce qui est notre droit légitime en tant que membre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires », a déclaré Araghchi. Il a précisé que l’Iran restait ouvert aux discussions, mais qu’il était hors de question de démanteler ses capacités d’enrichissement, malgré les pressions internationales.

Avant l’éclatement de la guerre israélo-iranienne le mois dernier, les États-Unis et l’Iran avaient mené cinq cycles de négociations indirectes, avec la médiation du sultanat d’Oman. L’un des points de blocage majeurs restait le niveau d’enrichissement autorisé pour l’Iran : Téhéran exigeait de pouvoir enrichir de l’uranium jusqu’à 60 %, un seuil jugé inacceptable par Washington et Tel Aviv, qui y voyaient une étape dangereusement proche du niveau requis pour une arme nucléaire.

Le conflit armé de juin, qui a opposé directement l’Iran et Israël pour la première fois en territoire ouvert, a provoqué des destructions importantes sur plusieurs sites nucléaires iraniens. Malgré cela, Araghchi a assuré que le programme nucléaire civil du pays restait intact dans ses objectifs stratégiques, et qu’il serait reconstruit si nécessaire.

Les États-Unis et Israël continuent d’accuser l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique, ce que la République islamique nie catégoriquement. Téhéran insiste sur le caractère pacifique de ses activités nucléaires, tout en refusant toute limitation permanente de ses capacités technologiques.

Cette déclaration intervient dans un climat régional extrêmement tendu, alors que les puissances membres des BRICS, réunies récemment à Rio de Janeiro, ont appelé à une désescalade au Moyen-Orient. L’Iran, désormais membre à part entière de ce groupe, tente de rallier des soutiens politiques face aux pressions occidentales croissantes.

L’impasse actuelle risque de compliquer davantage tout retour à un accord similaire au Plan d’action global commun (JCPOA) de 2015, abandonné par les États-Unis sous Donald Trump en 2018. Le dossier nucléaire iranien demeure l’un des enjeux les plus sensibles de la diplomatie mondiale, à la croisée des intérêts de sécurité, de souveraineté et de stabilité régionale.

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