Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que l’Iran n’enrichissait plus d’uranium dans aucune de ses installations, en raison des frappes israéliennes et américaines qui ont visé ses sites nucléaires en juin lors d’un conflit de douze jours. Cette affirmation, la plus directe depuis les attaques, vise selon Téhéran à signaler à l’Occident que le pays reste ouvert à d’éventuelles négociations.
Araghchi a assuré qu’aucune activité clandestine n’avait lieu et que toutes les installations restaient sous la surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Il a néanmoins réaffirmé que l’Iran ne renoncerait jamais à son droit d’enrichir de l’uranium à des fins civiles, un point qui reste l’un des principaux obstacles aux discussions avec Washington et les puissances occidentales.
La conférence à laquelle Araghchi s’exprimait a également réuni Mohammad Eslami, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. Ce dernier a affirmé que l’Iran était constamment menacé s’il tentait d’accéder ou de réparer les sites bombardés de Fordo, Isfahan et Natanz, où l’enrichissement avait atteint 60 % après le retrait américain de l’accord nucléaire en 2018. Des images satellites récentes montrent qu’aucune réparation majeure n’y a été effectuée.
Si l’Iran se dit prêt à reprendre le dialogue, Araghchi a accusé les États-Unis de maintenir une approche maximaliste et unilatérale qui rend impossible tout compromis. Il a déclaré que Washington cherchait à imposer ses exigences plutôt qu’à parvenir à « des négociations équitables et justes ». Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA doit se réunir dans les jours à venir et pourrait adopter une nouvelle résolution visant Téhéran pour manque de coopération.
Le sommet organisé par Téhéran, intitulé « Le droit international attaqué », a permis aux responsables iraniens de dénoncer l’attaque israélienne et américaine, qualifiée d’agression illégale. Plusieurs interventions ont glorifié la riposte iranienne tout en critiquant les dirigeants occidentaux. À l’extérieur du bâtiment, des images d’enfants tués durant le conflit illustrent le message politique de l’événement.
L’Iran sort affaibli de ce conflit : ses défenses aériennes ont été lourdement endommagées, laissant le pays exposé à de nouvelles frappes potentielles. Parallèlement, les pressions économiques persistent et les tensions sociales restent vives, alors que le gouvernement hésite à statuer sur des sujets sensibles tels que la hausse du prix du carburant ou l’application stricte du port du voile, qui ont déjà provoqué d’importantes manifestations ces dernières années.