NEW DELHI – Le principal groupe de réflexion économique du gouvernement indien, NITI Aayog, a recommandé un assouplissement des règles d’investissement pour les entreprises chinoises, ont déclaré à Reuters plusieurs sources au fait des discussions. Cette proposition pourrait marquer un tournant dans les relations économiques entre les deux puissances asiatiques, longtemps tendues depuis les affrontements meurtriers à la frontière en 2020.
Selon ces sources, NITI Aayog a suggéré que les entreprises chinoises soient autorisées à acquérir jusqu’à 24 % des parts de sociétés indiennes sans déclencher de contrôle obligatoire de sécurité nationale. Actuellement, toute entreprise chinoise souhaitant investir en Inde doit obtenir une autorisation préalable du gouvernement, une mesure imposée en 2020 pour empêcher ce que l’Inde qualifiait de prises de contrôle opportunistes durant la pandémie de COVID-19.
Cette recommandation viserait à relancer les flux d’investissement tout en maintenant un niveau de surveillance jugé suffisant. Elle reflète aussi les efforts croissants de l’Inde pour attirer des capitaux étrangers, notamment dans les secteurs de la technologie et de la fabrication, alors que le pays ambitionne de devenir une alternative à la Chine dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Toutefois, cette proposition reste hautement sensible sur le plan politique et stratégique. Les relations entre New Delhi et Pékin sont toujours marquées par la méfiance, en particulier depuis les violents affrontements dans la région du Ladakh, qui ont coûté la vie à des dizaines de soldats des deux camps en juin 2020. Depuis, les discussions diplomatiques et militaires pour désamorcer les tensions n’ont pas permis de restaurer pleinement la confiance.
Plusieurs membres du gouvernement indien et de l’appareil de sécurité nationale exprimeraient encore des réserves sur la proposition de NITI Aayog, estimant qu’un tel assouplissement pourrait permettre à la Chine d’exercer une influence stratégique sur des secteurs clés de l’économie indienne.
Interrogés, ni NITI Aayog ni le ministère indien du Commerce n’ont souhaité commenter ces informations. De leur côté, les entreprises chinoises, notamment dans le secteur technologique, espèrent depuis longtemps une levée partielle des restrictions afin de reprendre des opérations interrompues ou suspendues depuis 2020.