Ce jeudi, à la base aérienne d’Istres dans les Bouches-du-Rhône, Emmanuel Macron a présenté ses vœux aux armées françaises pour 2026. Le président de la République a abordé plusieurs sujets majeurs, allant des tensions géopolitiques autour du Groenland aux besoins croissants de l’armée française en matière de capacités militaires. Selon lui, l’Europe « est bousculée dans certaines de ses certitudes » et fait désormais face à « des compétiteurs qu’elle ne pensait pas voir ». « Nous sommes dans un monde où des puissances de déstabilisation se sont réveillées ».
« Est-ce que nous sommes en économie de guerre à proprement parler, la réponse est non. »
Le chef de l’État a insisté sur l’importance de ne pas se contenter des efforts déjà accomplis. «Soyons francs avec nous-mêmes, est-ce que nous sommes en économie de guerre à proprement parler, la réponse est non», a-t-il déclaré, en soulignant l’exemple de l’Ukraine, qui « a fait autrement » pour produire rapidement et efficacement ses moyens militaires. Emmanuel Macron a insisté : «Nous n’avons pas la pression des événements de la même manière, mais là aussi, ne nous habituons pas».
Le président a ainsi exhorté l’armée et l’industrie de défense à accroître la production, à massifier les systèmes et à innover. « Nous avons besoin de produire plus vite, de produire en volume, de massifier encore davantage avec des systèmes plus légers et de façon innovante », a-t-il affirmé, estimant que la compétition mondiale impose à la France de s’adapter rapidement.
Emmanuel Macron évoque le cas du Groenland
Lors de son discours, Emmanuel Macron a évoqué le déploiement des premiers soldats français au Groenland, précisant qu’ils seraient soutenus par des moyens terrestres, aériens et maritimes. Il a rappelé que « les Européens ont une responsabilité particulière » dans cette région stratégique et dénoncé « un nouveau colonialisme à l’œuvre chez quelques-uns », en référence aux États-Unis, sans les nommer directement.
Le président a également abordé d’autres tensions internationales, notamment en Iran, où il a appelé à la « cessation des attaques terribles » en cours dans le pays, et face à la Russie, après le tir du missile Orechnik, qu’il a qualifié de « signal très clair ». Sur le front ukrainien, Emmanuel Macron a souligné que « deux tiers des capacités de renseignement » de l’Ukraine proviennent aujourd’hui de la France, tout en reconnaissant un « retard » dans le domaine des drones.
«Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort.»
Pour Emmanuel Macron, la sécurité de la France repose sur la force et la rapidité de réaction. « Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant », a-t-il déclaré. Selon lui, la nation doit consentir des efforts proportionnés aux défis de son époque : « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort ».
Afin de soutenir ces ambitions, le président a proposé un effort supplémentaire de 36 milliards d’euros pour accélérer le réarmement, dont 3,5 milliards dès 2026, dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire. Ce plan illustre la volonté du chef de l’État de renforcer les capacités françaises face aux enjeux stratégiques et technologiques internationaux.