Le deuxième cycle de négociations de paix directes entre l’Ukraine et la Russie, entamé ce lundi à Istanbul, s’est soldé par un échec retentissant : les discussions ont pris fin à peine une heure après leur début, ont confirmé des responsables turcs. Ce nouvel épisode diplomatique, qui intervenait au lendemain d’une attaque d’envergure de drones ukrainiens contre des bombardiers nucléaires russes, a mis en lumière l’ampleur du fossé entre les deux camps.
Initialement prévu à 10 heures GMT dans le luxueux palais Ciragan, au bord du Bosphore, le rendez-vous avait déjà accusé près de deux heures de retard sans explication officielle. Une fois les délégations réunies, les échanges ont rapidement tourné court. Aucune avancée concrète n’a été annoncée, confirmant la persistance de positions profondément antagonistes sur les conditions d’un cessez-le-feu ou d’un éventuel accord de paix.
La tension était particulièrement vive côté russe. Plusieurs blogueurs militaires influents appelaient à des représailles contre Kiev, après l’une des attaques les plus ambitieuses lancées par l’Ukraine depuis le début de la guerre. Ciblant des bombardiers stratégiques russes à capacité nucléaire, notamment stationnés en Sibérie, le raid ukrainien aurait infligé d’importants dégâts à la flotte aérienne russe. Si les versions divergent sur l’ampleur exacte des pertes, des images satellites disponibles publiquement confirment des destructions significatives.
En ouvrant la séance, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, avait appelé les deux parties à « évaluer les conditions d’un cessez-le-feu », à envisager « une rencontre entre les présidents russe et ukrainien » et à examiner de nouvelles possibilités d’échange de prisonniers. Mais ses appels sont restés lettre morte.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en déplacement en Lituanie, a néanmoins annoncé qu’un nouvel échange de prisonniers était en préparation. Son chef de cabinet a précisé que la délégation ukrainienne avait remis à la partie russe une liste d’enfants ukrainiens déportés en Russie, exigeant leur retour dans le cadre d’un éventuel accord. Kiev accuse Moscou d’avoir transféré de force des centaines d’enfants hors des territoires occupés, ce que Moscou réfute, affirmant qu’il s’agissait de les mettre à l’abri des combats.
Ce nouvel échec diplomatique survient alors que le président américain Donald Trump, dont l’administration tente de jouer un rôle de médiation, a récemment mis en garde contre un possible retrait des États-Unis du processus en l’absence de progrès concrets. Pour l’heure, aucune date n’a été fixée pour une reprise des discussions.