Après 19 mois de captivité dans la bande de Gaza, le retour d’Edan Alexander, soldat américano-israélien enlevé lors de l’attaque du 7 octobre 2023, s’accompagne de gestes simples mais profondément bouleversants. Pendant deux jours après sa libération, le jeune homme n’a pas pu manger. Et puis, un hamburger et des frites préparés par sa mère ont tout changé : « Il s’est jeté dessus », raconte Yael Alexander, évoquant avec émotion ce premier moment de normalité retrouvée.
Libéré début mai par le Hamas dans ce qui a été présenté comme un geste de bonne volonté envers le président américain Donald Trump, Edan Alexander est aujourd’hui le dernier otage américain vivant à avoir été relâché. Mais ce que les parents du jeune homme retiennent, ce sont les retrouvailles, les instants suspendus, et l’espoir fragile que d’autres familles puissent bientôt vivre la même délivrance.
Alexander, capturé à l’âge de 19 ans lors de l’attaque qui a coûté la vie à quelque 1 200 personnes en Israël, a été retenu sous terre, ballotté de tunnel en tunnel avec d’autres otages, souvent menotté, parfois masqué, et presque toujours affamé. Il a perdu plus de 20 kilos. Sa plus grande terreur, confie-t-il à ses parents, était d’être seul, comme un soldat israélien capturé en 2006 et libéré cinq ans plus tard après un échange massif de prisonniers.
Les retrouvailles de la famille Alexander ont eu lieu dans l’urgence : huit appels manqués le jour de la fête des mères ont précipité leur départ vers Israël. La mère d’Edan a voyagé avec le négociateur américain Adam Boehler, tandis que le père et les deux autres enfants du couple ont rejoint leur fils à la frontière entre Gaza et Israël.
Aujourd’hui, Edan récupère lentement. Il a repris des forces, il recommence à manger, il retrouve ses amis. Il partage une bière — sa première légale — sur le toit d’un hôpital avec sa sœur, moment de grâce que sa mère décrit comme « un retour à la vie ». Chaque geste, chaque sourire, chaque Spotify lancé, est un symbole de survie.
Les Alexander ne comptent pas rester silencieux. Dès que possible, ils reprendront leur combat pour la libération des otages restants. « Trop, c’est trop », résume Adi Alexander, son père. « On ne guérit pas la souffrance par la souffrance. »