Les Irakiens ont commencé à voter mardi pour élire les 329 membres de leur nouvelle assemblée, un scrutin national qui s’achèvera à 18h00 (15h00 GMT), selon la télévision d’État.
Le Premier ministre Mohammed Shia al-Sudani, candidat à un second mandat, affronte un électorat jeune et désabusé qui voit de plus en plus les élections comme un moyen pour les partis établis de se partager les richesses pétrolières du pays.
Le bloc de Sudani devrait arriver en tête, sans pour autant obtenir la majorité, ouvrant la voie à de longues négociations entre partis chiites, sunnites et kurdes pour la formation du gouvernement et la désignation du futur Premier ministre.
La participation s’annonce faible, conséquence d’une profonde perte de confiance envers un système dominé par les partis au pouvoir et leurs milices. La corruption, le chômage et la dégradation des services publics nourrissent un sentiment d’impuissance généralisé. Le religieux chiite Moqtada al-Sadr, figure populaire auprès de centaines de milliers d’Irakiens, boycotte à nouveau le scrutin.
De nombreux jeunes candidats espèrent percer, mais les analystes jugent leurs chances limitées face aux réseaux de clientélisme enracinés. « Cette élection ne dépendra pas de la popularité, mais des dépenses », a déclaré l’ancien Premier ministre Haider al-Abadi.
Le prochain gouvernement devra affronter des défis majeurs : maintenir l’équilibre entre les influences américaine et iranienne, gérer les milices proches de Téhéran et répondre à la frustration croissante de la population. Les observateurs craignent qu’une faible participation ne renforce la méfiance envers un système déjà perçu comme verrouillé.
Près de vingt ans après la chute de Saddam Hussein, le sectarisme s’est atténué, mais la répartition confessionnelle du pouvoir perdure : un Premier ministre chiite, un président sunnite du Parlement et un président kurde. Un schéma qui, pour beaucoup d’Irakiens, symbolise la stagnation politique du pays.