Le renseignement canadien affirme avoir déjoué des menaces “potentiellement mortelles” liées à l’Iran (AP)
Le renseignement canadien affirme avoir déjoué des menaces “potentiellement mortelles” liées à l’Iran (AP)

Les services de renseignement canadiens ont annoncé avoir contrecarré cette année plusieurs menaces graves émanant de l’Iran et visant des personnes vivant au Canada, considérées par Téhéran comme des ennemis du régime. Cette révélation a été faite par Dan Rogers, directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), lors d’un rare discours public présenté à l’occasion de la publication du rapport annuel de l’agence.

Rogers, nommé en février, a indiqué que le SCRS avait dû réorienter une partie de ses opérations pour contrer les activités de services de renseignement iraniens et de leurs alliés. Il a précisé que des individus résidant au Canada avaient été spécifiquement ciblés et que certaines des menaces déjouées étaient « potentiellement mortelles ». Le directeur n’a toutefois pas fourni de détails supplémentaires, invoquant la sensibilité des dossiers. Jusqu’ici, l’agence s’était limitée à confirmer l’existence d’enquêtes sur ces menaces, sans évoquer d’interventions directes.

Les relations entre Ottawa et Téhéran sont particulièrement dégradées. Le Canada a rompu ses liens diplomatiques avec l’Iran en 2012 et a désigné l’année dernière le Corps des gardiens de la révolution islamique comme organisation terroriste, un geste vivement dénoncé par Téhéran. Les détracteurs iraniens installés au Canada ont à plusieurs reprises signalé des pressions, intimidations ou tentatives de harcèlement attribuées à des agents liés au régime iranien.

Dans son discours, Rogers a également souligné que le SCRS avait déjoué des tentatives de la Russie visant à acquérir illégalement des biens et des technologies canadiennes. Selon lui, des réseaux d’approvisionnement clandestins basés en Europe tentaient d’agir pour le compte d’agents russes. L’agence dit avoir averti plusieurs entreprises canadiennes que des sociétés écrans cherchaient à leur acheter du matériel sensible. Les entreprises concernées auraient immédiatement mis fin à ces transactions.

Le Canada, critique de longue date des actions de Moscou, s’est aligné sur les sanctions occidentales imposées à la Russie après l’invasion de l’Ukraine en 2022. Les propos de Rogers laissent entendre que les services de renseignement canadiens ont intensifié leurs efforts pour contrer à la fois les ingérences étrangères et les activités clandestines visant à contourner les restrictions internationales.

Ces révélations mettent en lumière les défis croissants auxquels est confronté le Canada, pris pour cible par des puissances étrangères cherchant à intimider leurs opposants ou à obtenir des technologies stratégiques malgré les sanctions.

Que retenir rapidement ?

Les services de renseignement canadiens ont annoncé avoir contrecarré cette année plusieurs menaces graves émanant de l’Iran et visant des personnes vivant

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